Photo en Une : © Jacob Khrist


De la première Twsted complètement hors de contrôle en 2011, à la plus récente "Licence 24h", les soirées sur la barge Concrete sont devenues des emblèmes du renouveau de la fête parisienne. Du prodige techno Antigone à la fantasque Deena Abdelwahed, elles ont accueilli et porté aux nues ceux qui ont fait de la techno française une scène à part, sans jamais galvauder son esprit familial ni sa passion pour les bonnes vibes. Une identité qu'incarne désormais une belle bande de fidèles résidents qui fêtera le septième anniversaire de la barge ce samedi 3 novembre. 

Un anniversaire, ça se fête en famille et c’est l’occasion de se remémorer le bon vieux temps à coups d’anecdotes (plus ou moins) savoureuses. Comme on ressortirait un vieil album photo, les résidents de Concrete qui animeront ce Samedimanche d’exception partagent avec Trax leurs souvenirs de ces 7 années passées sur la barge, derrière les platines ou devant les caissons. 

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Autour du gâteau, Shlømo, fondateur du label Taapion, se rappelle le temps où Brice Coudert, (le directeur artistique et co-fondateur de Concrete) « avait encore des cheveux ». Ou bien lorsqu'il tenait la main de Deena Abdelwahed sous la pluie après son premier set, sautant des escaliers, « comme au cinéma ». Sa première Concrete, Amarou s’en souvient aussi, comme si c’était hier : « avec Big strike, Rødhad, Norman Nodge… J’étais tendu comme un string et avant de passer, Brice m’a dit pour me détendre : C’est que de la musique, fais ce que t’aimes sans stress ! Au final, je sais pas si mon meilleur souvenir c’est cette soirée, ou cette phrase de Brice qui m’accompagne depuis ».

Antigone, désormais figure de proue de la deep techno à la française, n'était pourtant pas fier non plus lors de son premier passage sur la barge. « C'était assez étrange comme ambiance. On était là avec Behzad, assis derrière sur la terrasse en attendant notre tour. On était tellement stressés... j'en avais même vomi d’angoisse. Mais une fois fini, ça reste mon meilleur souvenir. Je reste assez nostalgique des débuts, quand c'était encore un gros bordel ». Cabanne, son premier set, « il n'était pas prévu, et il a duré 8 heures. Pour le reste, je ne me souviens de rien. Ce qui se passe à Concrete reste à Concrete ». Certains ont pourtant des souvenirs bien plus clairs : Lowris se remémore avoir vécu aux côtés de Pete Vincent, co-fondateur, notamment en charge de l'accueil artistes, deux épisodes malodorants, le premier lorsque Pete avait « voulu sortir un type », et s'était retrouvé avec quelque chose de peu reluisant sur son pantalon, le second avec le même genre d'objet déposé près du DJ booth.

Le premier set d’Amarou à la Twsted, ils ont du le finir « avec les retours et le public tout autour du booth à cause des voisins, c’etait très intimiste ». À la premiere Twsted, Leo Pol était quant à lui déguisé en indien d’Amerique, bien loin de se douter qu’un jour il serait résident. Tous y ont pris  « LA grosse claque musicale », dont ils se souviennent comme de leur premier jour d’école. Les live de Polar Inertia et Planetary Assault Systems pour Shlømo - « une véritable leçon », Peter Van Hoesen avec toutes ses machines pour Antigone, et plus récemment le set d’Afriqua qui a fait groover Sweely.

Concrete, c'est cela : une grande famille de jeunes pousses devenues grandes, dans une innocence et une spontanéité qui contrastent avec la maitrise qu'ils ont de leur musique. Des b2b de légende fondateurs, il y en a eu dans la fratrie : Cabanne et Lowris ont fait connaissance lors d'un marathon de (lui aussi) 8 heures. Antigone et Francois X se remémorent le leur en 2015, « devant une foule compacte et électrique ». Le second livre d'ailleurs un ultime secret de fabrication : il joue toujours pieds nus.

Pour voir la famille au grand complet (Sweely, Shlømo, Lowris, Leo Pol, François X, Deena Abdelwahed, Cabanne, Ben Vedren, Behzad & Amarou, Antigone) raconter l’histoire du bateau qui les a vus grandir en une longue veillée de sets d’anniversaire, rendez-vous à Concrete samedi 3 novembre, 23h. Pas de carton d’invitation, c’est gratuit, et il y aura des surprises !