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Un véhicule qui ne risque pas de rester au garage. 
Inscrit au budget participatif de la Mairie de Paris, l'initiative a recueilli 80 000 euros grâce au vote de 20 000 personnes. Lancé par l’association Techno+, le projet DrugTruck permet l’acquisition d’un camion prêt à sillonner Paris, ses clubs, raves, bars et festivals doté d’un spectromètre à infrarouge pour tester les substances et obtenir une analyse instantanée de leur composition. Il espère ainsi toucher davantage de jeunes consommateurs, les plus exposés aux risques. 

Ce camion fait partie d'un projet plus large intitulé "prévenir et guérir : priorité santé pour les quartiers populaires", évalué à 3 700 000 euros et visant à améliorer l'accès à la santé des plus fragilisés, partant du constat qu'un tiers des Français renonce à des soins chaque année pour raisons financières. Outre les centres municipaux de santé déjà existants qui proposent des consultations sans dépassement d'honoraires, l'idée est d'innover en proposant deux projets itinérants. L'un est le DrugTruck, l'autre volet de ce projet est aussi monté sur quatre roues : le "prévtruck" ira à la rencontre des jeunes sur leurs lieux de vie, particulièrement dans les quartiers populaires, pour faire de la prévention sur la contraception et les maladies sexuellement transmissibles, privilégiant la communication entre jeunes plutôt qu'une approche "autoritaire et verticale". 

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En matière de préventions des drogues, c'est une avancée pour la capitale qui faisait jusqu’ici figure de mauvais élève. Bruxelles, Barcelone, Amsterdam ou même Bordeaux et Montpellier disposent de véhicules itinérants qui analysent les drogues et informent les consommateurs quant aux substances, dosages et risques. Ce n’est pas faute d'avoir essayé : l'association Techno+ s’efforce de faire de la prévention depuis 1995 afin de réduire les risques liés aux pratiques festives tout en promouvant la culture techno. Mais sans budget ni matériel adapté, difficile d’atteindre les fêtards là où ils sont, de donner des réponses concrètes et fiables sur les produits ingérés. 

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La prise en considération des risques et l'accompagnement non moralisateur semblent faire leur place dans le budget municipal et dans les esprits. Ce projet n'est pas le seul lauréat qui a reçu les fonds au budget participatif, aux côtés d'une reconquête de la « Petite Ceinture » et d'une initiative pour une gestion de l'eau améliorée, entre autres.