Photo en Une : © Jacob Khrist


Pas moins de 450 élèves, provenant de 15 établissements différents, deviendront des producteurs en herbe à la Condition Publique de Roubaix du 2 au 6 octobre. Sur trois ateliers différents, ils apprendront les rudiments d'Ableton, mais aussi à créer un orchestre électronique humain avec des capteurs posés sur leurs corps, ou encore une formation de ballet sous le regard d'une chorégraphe. Mais comment convaincre un collégien de l'intérêt des fréquences électroniques? "C'est une préparation effectuée des semaines à l'avance pour être la plus intuitive possible", raconte Antoine Sauvage, membre de l'association Art Point M dont dépend le NAME. "On a par exemple utilisé le Makey Makey, un petit instrument que tu peux connecter à un verre d'eau, une banane, qui transforme n'importe quoi en contrôleur MIDI : une pression sur le fruit peut créer du son. Les enfants, en se touchant eux-mêmes deviennent un orchestre".

Ces ateliers ont déjà permis à des jeunes, qui n'ont pour certains jamais entendu parler de musique électronique, de pénétrer l'univers de Laurent Garnier. "Il nous envoie un de ses tracks, découpé en STEMS (chaque piste isolée, pouvant être retravaillée), et les enfants vont apprendre à en faire un remix, qu'ils enverront à l'artiste", poursuit AntoineLe parrain de la techno française, qui a déjà joué au NAME, n'est pas le seul à s'être investi dans le projet. Le 6 octobre, c'est Scan X, son acolyte depuis les débuts de FCom, qui animera une masterclass Ableton gratuite de deux heures, durant laquelle il déconstruira un de ses morceaux d'une manière poussée et pédagogique.

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Art Point M accompagne cette tendance de sensibiliser les scolaires à la musique électronique depuis plus de 10 ans. C'est pourquoi le NAME est aussi allé en défricher de nouvelles. "Cette année, nous avons dédié toute notre attention aux webradios, qui deviennent un vrai phénomène de société. Grâce à la liberté qu'offre Internet, elles sont devenues les portes-parole d'une scène qui a du mal à se faire entendre dans les médias traditionnels". Au Théâtre du Nord, une masterclass complète, étalée sur deux jours et animée par la webradio locale Comala proposera ainsi de créer sa propre émission, de l'enregistrement à la diffusion. 

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Trois journées de rencontres, du 4 au 6 octobre, aborderont enfin le phénomène via trois grands axes : voyager, diffuser, s'exprimer. Jeudi 4 octobre le digger émérite Victor Kiswell, qui parcourt le monde à la recherche de disques inconnus, échangera avec Emilie Da Lage, maître de recherches spécialisée en musicologie et communication à l'université de Lille, et avec Franck Haderer, fondateur de Radio PropagandaLe vendredi 5 octobre sera consacré à une partie plus technique. Les problématiques concrètes de gestion d'une webradio seront abordés par Franck Haderer, Maxime Piquette, fondateur de la plateforme de diffusion Radio King, Antoine Dabrowski de Tsugi Radio et Lucien Rieul de Trax. Le lendemain sera l'occasion d'évoquer les enjeux culturels portés par le phénomène. "L'idée n'est pas de parler de tel ou tel sujet de société en particulier, mais des webradios comme d'une évolution de nos possibilités d'expression". Le cofondateur de Rinse France Laurent Bassols, la résidente de ladite station Piu Piu (on lui doit notamment les takeovers Woman's Day, dédiés aux artistes femmes), le fondateur de l'antenne lisboète Quantica, Photonz, et Erica McKoy de Worldwide FM se succèderont pour parler du champ des possibles que permettent ces nouveaux moyens d'expression. L'émission, dont une partie sera en anglais, sera traduite en temps réel. Toutes ces émissions-rencontres seront gratuites, ouvertes au public et retransmises en direct sur Comala Radio et les stations partenaires, Quantica et Tsugi Radio. 

Le programme complet des masterclasses est à retrouver sur le site du NAME.