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Les amateurs de synthé vont y passer la journée : près de 200 instruments sont recensés sur le site ruskeys.net, « le musée des synthétiseurs soviétiques ». Une mine d'or pour les musiciens de tous horizons, qui vont pouvoir mettre la main sur les sons de machines aussi rares que mythiques, longtemps impopulaires en Occident.

Le site présente les caractéristiques de chaque instrument, illustré avec des photos d'époques et avec, pour certains, un scan du manuel d'origine. Pour les plus téméraires, des packs de sons émulant les effets des instruments sont mis à disposition gratuitement, pour retrouver l'ambiance des claviers des années 70. De quoi ravir les fans de synthwave, et se remérorer le travail de John Carpenter.

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Bien qu'incomplète, l'initiative semble s'inscrire dans une vague de nostalgie, de plus en plus de sites cataloguant des synthétiseurs de tous horizons ayant vu le jour au cours des dernières années. Un projet d'envergure produit par des fans, pour le plus grand bonheur des musiciens.

Car en dépit de leur rareté, les instruments électroniques russes ont leur singularité sonore, et l'avant-gardisme musical du pays n'est plus à démontrer, même malgré l'interdiction de musique « avant-gardiste » - comprendre électronique - dans l'URSS jusqu'en 1953. Celle-ci se caractérise par la rareté des instruments en URSS, au prix d'une Berline sur le marché noir, et d'un formalisme, propre aux soviétiques, lors de la démocratisation de la musique électronique. L'appropriation d'outils occidentaux structure donc l'apparition d'une scène électronique russe en pleine guerre froide, inspirée par Kraftwerk et Soft Cell, forcément underground et proche du punk. Une culture de l'underground qui caractérise aujourd'hui encore les instruments de la mère patrie.