Photo en Une : © Bartosch Salmanski


Qui es-tu et quelle est ton histoire avec Longevity ?

Je suis directeur et directeur artistique de Longevity. Je travaille, entre autres, sur la programmation du festival depuis 2013 et j’ai constitué une équipe autour de moi pour mener à bien ce projet. J’ai toujours été féru de musique électronique. Depuis mon adolescence, j’organise des évènements à droite à gauche. Pour la première édition de Longevity, il y avait 450 personnes et aujourd’hui ça a pris une autre dimension.

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Quel est ton objectif avec ce festival pour cette nouvelle édition ?

Mon objectif est de continuer sur la ligne artistique que j’ai posée depuis le début. Quand on a commencé, la scène à Strasbourg était au tout début d’un renouveau et on a essayé de soutenir cette nouvelle vague. Maintenant je persiste en proposant toujours de la découverte, notamment avec le tremplin qui permet à des artistes locaux d’ouvrir le festival, mais aussi des artistes plus confirmés. Cette année on a décidé d’ouvrir un troisième jour, ce qui nous permet d’élargir la programmation à plus de concerts. Le premier jour sera plus concerts, avec des happenings, des performances artistiques, des danseurs contemporains. Ça me permet de nous ouvrir sur d’autres styles notamment l’ambient, l’electronica, voire même la musique expérimentale.

Que ressens-tu quand tu regardes où en est le festival aujourd’hui ?

Je suis assez fier globalement de cette programmation. Je m’arrache tous les ans pour avoir les artistes que je souhaite, et cette année avec les trois jours on a une programmation plus dense. Ça ne ressemble pas du tout à nos plans de départ mais j’en suis très heureux. Le but n’est pas de mettre des gros noms du matin au soir, je travaille vraiment la cohérence artistique. Je book un artiste pour son travail, pas pour son nom.

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Vous êtes un festival franco-allemand, comment cela s’exprime ?

L’aspect franco-allemand est plus dans l’ADN du festival que dans la programmation. On est frontaliers, j’ai toujours baigné là-dedans donc ça m’a paru assez naturel de poser ça dans l’identité du festival. Finalement il y a beaucoup d’allemands et beaucoup de français dans la programmation mais c’est surtout parce qu’on a des bons artistes des deux côtés. Évidemment on ne se prive pas d’inviter des américains, des hollandais, ou autres. L’aspect franco-allemand se traduit aussi au sein de notre équipe, on a des gens qui viennent des deux pays.

Et du côté du public ?

Le public est aussi franco-allemand même si on a une part plus importante de Français. On aimerait bien avoir un équilibre mais ce n’est pas évident parce que développer une communication optimale en Allemagne et en France c’est compliqué et ça coûte de l’argent. On est un petit festival, on fait avec nos moyens.

Comment vous positionnez-vous par rapport aux collectifs locaux ?

On s’entend très bien avec tous les collectifs strasbourgeois et on essaye de les fédérer autour de nous. Le festival est un peu le rassemblement de tout Strasbourg. On a aussi lancé une école de musique électronique qui nous donne une nouvelle dimension.

La scène strasbourgeoise est-elle encore en plein essor selon toi ?

Ça s’est stabilisé depuis quelques temps. Les collectifs commencent tous à se structurer en créant des labels ou des agences de booking par exemple. Quand la vague est arrivée, c’était très festif et là ça se structure.

Au-delà de la programmation musicale, vous mettez à l’honneur la micro architecture. Tout doit-il être micro chez Longevity ?

Il n’y a pas vraiment de lien spécifique entre la micro et la micro-architecture, à part le fait que c’est minimaliste. J’ai toujours apprécié l’idée de minimalisme donc ça se retrouve ici. Depuis la création du festival on organise des appels à projets, destinés à des Français et des Allemands, pour des installations architecturales ou des œuvres plastiques. Donc dès le départ on a eu l’envie de créer des tremplins, qu’ils soient musicaux ou architecturaux. C’était important pour nous de proposer un évènement pluriel avec de la musique, de l’art, des jeux. Tout cela dans le but d’avoir un public divers, on accueille tout le monde, jusqu’aux enfants.  

Informations, programmation complète et billetterie sur le site du festival.