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Punir la consommation personnelle de cannabis irait à l’encontre de la Constitution géorgienne. C’est que qu’a annoncé le « conseil des sages » local dans une décision rendue publique lundi 30 juillet dernier, tout en précisant que la culture de la marijuana et sa vente restaient prohibées. Les consommateurs pourront ainsi échapper à l’amende d’environ 170 euros qui était monnaie courante jusqu’alors, à l’exception des structures éducatives et de certains espaces publics où cette drogue restera proscrite. Une victoire pour l'association White Noise, qui milite pour la décriminalisation des drogues depuis 2015. L'association a cependant précisé que de nombreuses questions encore sur la table, rapporte le journal Georgia Today, comme l'augmentation du nombre d'addictions, l'absence de suivi médical et la réhabilitation des consommateurs sevrés.
« Après la décision de la Cour, aucune contravention ne pourra être émise pour la consommation de cannabis, mais encore pour la possession. Ce n'est pas une légalisation » a déclaré un l'un de ses porte-paroles, Beka Tsikarishvili.

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La décision de la Cour constitutionnelle arrive à un moment de critiques de la politique géorgienne en matière de drogues, portée notamment par son ministre des Affaires intérieures, Giorgi Gakharial. En mai dernier, des milliers de Géorgiens avaient convergé devant le Parlement pour manifester (en musique) leur opposition aux décisions gouvernementales après un raid dans deux célèbres clubs de la capitale Tbilissi. L'association White Noise comptait parmi les instigateurs du mouvement. Avec le slogan « We Dance Together / We Fight Together », c'est toute la communauté techno européenne qui avait soutenu la réouverture du club Bassiani en s'opposant aux méthodes autoritaires du gouvernement. «  Toute cette histoire est politique. C’est un petit jeu de politique locale entre deux personnes, deux courants de pensée, et pourquoi pas, deux pays, disons-le. La Russie et une certaine Géorgie, européenne. Bassiani en est une des victimes » nous confiait Tika, une activiste de la capitale, dans notre numéro 212 de juin dernier. La désignation au poste de Premier ministre de Mamuka Bakhtadze le 20 juin dernier pourrait bien changer ce statuquo : ce jeune homme politique entend mener une politique d'équilibre entre ouverture vers l'Europe et apaisement avec la Russie. Dans la bataille qui oppose conservateurs et progressistes, les seconds semblent avoir gagné la première manche en Géorgie.