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La gentrification effrayait déjà certains habitants de Kreuzberg, inquiets d'une possible extinction du miracle berlinois, désormais la menace vient de l'extérieur. Depuis quelques semaines, les habitants du quartier se mobilisent pour empêcher que Berlin ne devienne San Francisco.

Dans le viseur des collectifs d'activistes de Kreuzberg : le projet de campus de 3000 m2 que Google entend installer à Umspannwerk, dans une ancienne station électrique du quartier.  Après des villes comme Tel Aviv, Londres ou Séoul, il s'agit du septième hub pour entrepreneurs développé par Google. Manifestations chaque premier vendredi du mois, plaidoyer sur internet, concerts de casseroles, tout est bon pour dénoncer l'implantation de la Silicon Valley aux yeux des anticapitalistes, hackers, et associations de quartiers réunis pour l'occasion, rapporte le correspondant des Échos, Thibaut Madelin. Cité par nos confrères, un membre d'une association dont le slogan est « Google n'est pas un bon voisin », l'arrivée de Google à Berlin signifierait une montée des prix de l'immobilier et une paupérisation des artistes et créateurs qui font la vie du quartier depuis la chute du Mur. À Kreuzberg, les loyers grimpent déjà de 5 à 10 % chaque année. Un danger aussi pour une vie nocturne qui prospère sur des prix bien inférieurs à la plupart des autres capitales européennes de la fête.

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Annoncé en 2016, le projet est soutenu au niveau de la mairie malgré la jurisprudence Zalando, qui a dû annuler en mars dernier son implantation dans le quartier après des heurts avec les locaux. La mobilisation ne désemplit pas cet été dans les rues de Kreuzberg et en ligne — avec une campagne intitulée, explicitement, « Fuck Off Google » — en attendant l'arrivée de Google prévue d'ici octobre prochain.