Photo en Une : © Fabio Nepi


L'année dernière déjà, plus d'un millier de personnes s'étaient déplacées dans la vallée du Ghjunsani. Pour cette deuxième édition mi-août, le Machja festival s'installe dans le village d'Olmi Cappella accroché à 800 mètres d'altitude. Le festival est le rêve d'enfant de natifs de cet écrin perdu dans les temps. À la croisée des générations et des genres, le festival accueillera des DJ's et producteurs électroniques sur un parvis dominé par l'église du bourg.

Deux compositeurs de bande originale sont en haut de l'affiche du Machja. Arnaud Rebotini, pour la musique de 120 Battements par minutes (2017, qui lui a valu un César), et Agoria pour Go Fast (2008). Avec son allure de crooner et son bagou, le premier est l'un des spécialistes hexagonaux de musique analogique et faite de synthétiseurs depuis une vingtaine d'années, autant dans sa période Black Strobe (son duo avec Ivan Smagghe) que pour ses productions en solo. Agoria est également un producteur prolifique — avec plus de trente sorties au compteur — mais il est surtout derrière toute une partie du dynamisme des scènes électroniques françaises, de la fondation du label Infiné à celle des Nuits Sonores lyonnaises. Avec ces deux parrains venus de métropole pour jouer au pied des pitons rocheux, le festival corse sera bien aiguillé. Pis encore, le 28 juillet aura lieu un opening réservé à 500 personnes et emmené par Kevin Saunderson, l'un des pionniers de Détroit, sur une plage à quelques minutes de l'île Rousse. 

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Derrière une affiche de haut vol, la plupart des artistes programmés au Mechja sont des fils du pays, à l'image de Workerz. Cette ancienne moitié du duo Les Petits Pilous, natif de l'île, viendra jouer sa house dansante ultra-efficace. Même chose pour Funkastle, qui a gagné Paris pour sa scène deep house mais revient régulièrement sur la terre de ses ancêtres pour quelques DJ sets envoûtants. Autre style, toujours corse : il y aura même des concerts de chants polyphoniques dans l'église d'Olmi Cappella. Machja insiste sur le savoir-vivre insulaire et le patrimoine corse, comme une boussole tout au long du festival. Producteurs locaux pour le bar, produits du marché, restaurateurs de l'île, et découverte des environs — à pied ou à dos d'ânes. À l'heure de la sieste, c'est autant de cours de yoga et de compétitions de pétanque qui relaxeront le festivalier. Une expérience ancrée dans la tradition, mais pas bloquée dans le passé puisque le festival propose des dialogues autour des enjeux écologiques actuels et des parcours autour des arts modernes corses. 

Plus d'informations sur la page Facebook de l'évènement et le site Internet du festival. 

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