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Détroit a une histoire en dents de scie. D'un incendie, d'une émeute raciale, de violentes crises économiques, la capitale de l'état du Michigan s'est toujours relevée. Jusqu'à 2013. Après la crise des subprimes américains, l'hécatombe a décimé cette ancien fleuron industriel américain surnommé « Motor City ». Cette année-là, Détroit est déclaré officiellement en état de faillite, les services publiques s'arrêtent un à un, et la ville est mise sous la tutelle d'un administrateur. Devant l'insécurité grandissante, et l'absence d'avenir, toute une partie de la population abandonne l'espace urbain. Une aubaine pour une poignée de milliardaires, comme le montre le documentaire réalisé par Laurent Cibien et Pascal Carcanade et mis en ligne il y a quelques jours par Arte. 

Connue pour sa résilience, la métropole est aussi une ville innovante, accueillant le premier maire noir des États-Unis en 1973 ou les premières nuances de house et de techno. Encore aujourd'hui, les musiques électroniques doivent beaucoup à Underground Resistance, The Belleville Three, et la myriade de collectifs — souvent noirs, parfois LGBT — étant à l'impulsion de ces deux genres musicaux. 

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Le retour d'hispters, d'entrepreneurs et de classes moyennes supérieures au coeur de Détroit pose de nouvelles interrogations, précisent les réalisateurs, notamment à propos d'un puissant mouvement de gentrification. Exit les populations les plus sensibles dans la ville, les afro-américains ou encore les artistes qui avaient profité de la chute libre des prix de l'immobilier dans les années 2000. Pour Greg, agriculteur urbain désabusé : « Détroit est le symbole du combat perdu des classes ouvrières et des classes moyennes ».

Le documentaire de 37 minutes est accessible (gratuitement) sur le site Internet d'Arte.