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Le 18 avril, les élus du quartier londonien d'Hackney ont voté pour une extension de la « Shoreditch Special Policy Area ». Celle-ci obligera les nouveaux bars et clubs à prouver qu'ils n'auront pas d'« impact négatif cumulatif » sur les établissements préexistants, ce qui limitera leurs licences de débit de boisson à 23h en semaine et minuit le week-end. Une conseillère explique : « C’est aux nouveaux acteurs de prendre leurs responsabilités, de comprendre les pressions qui s’exercent sur le quartier. [...] Sans ces mesures pour réguler la vie nocturne, nous ferions face à une potentielle situation dans laquelle le comité serait forcé à accorder des licences à des établissements inadaptés et qui auraient un impact énorme sur la vie des riverains ».

La décision hautement impopulaire a suscité de nombreuses réactions de la part des acteurs de la vie nocturne londonienne. « C’est une décision scandaleuse, un échec honteux des autorités élues à écouter l’avis des habitants », a déclaré Jonathan Downey, membre fondateur du groupe de protestation We Love Hackney. Depuis janvier, le mouvement a essayé d’ouvrir un dialogue avec le maire du quartier, Philip Glanville, sans succès, malgré une consultation des habitants prouvant qu'une grande majorité d’entre eux désapprouvent ces mesures.

D'autant plus qu'Hackney est un poumon culturel de la capitale britannique, notamment grâce à sa vie nocturne. Selon Les Inrockuptibles, le quartier détient le record de la plus grande concentration d’artistes au monde. Il va sans dire que cette nouvelle politique aura des conséquences sur le quotidien des Londoniens mais aussi sur la prospérité économique des acteurs locaux. Créant une grosse asymétrie entre les établissements déjà implantés et les nouveaux, elle devrait refroidir plus d’un entrepreneur voulant se lancer dans l’aventure nocturne.

Le quartier d'Hackney semble avancer à contre-courant de la politique de Sadiq Khan voulant faire de Londres une ville « 24h ». Après son élection en 2016, le maire de Londres avait en effet affirmé son projet de revitalisation de la vie nocturne, incarné dans le slogan « London is Open » et dans la personne d'Amy Lamé, première « Night Czar » de Londres. Depuis quelques année déjà, Londres souffrait d'un certain déclin de ses nuits : annulation de soirées, fermeture de clubs... Le point culminant fut la fermeture temporaire du mythique club Fabric, en 2016, suite à la mort par overdose de deux adolescents. 

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