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Voici la définition donnée : Saboter, (verbe transitif)

1. Mal exécuter un travail, le faire sans soin.
2. Détériorer ou détruire volontairement quelque chose.                                      
3. Agir de manière à provoquer l'échec d'une action, à la neutraliser.
4. Faire du bruit avec des sabots.

C'est ce que propose de faire le Baléapop pour nuire à son image jugée trop élaborée. La neuvième édition sera désinvolte et hédoniste, comme le soumet la communication de l'événement : « Pourquoi prétendre et vouloir coûte que coûte rentrer dans le moule du festival pluridisciplinaire, à taille humaine, intergénérationnel, éco-responsable, curieux, avec une programmation défricheuse, aventureuse...et puis quoi encore ? »

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De nombreux artistes participeront à cette auto-flagellation. L'américain Ariel Pink, décrit comme « maître en sabotage mondialement reconnu », rejette constamment son travail passé. Le français Black Zone Myth Chant, anciennement connu sous le nom d’High Wolf, jouera de ses percussions africaines psychédéliques. Le quintet Daudane, influencé par The Cure, est l'un des groupes attendus de la scène basque. De la côte ouest à l'archipel japonaise, il n'y a qu'un pas : Soichi Terada, pionnier de la house, sera également de la partie. Le très prolifique Mauskovic Dance Band, groupe de Nic Mauskovic, présentera son side project disco et house à l'esthétique tropicale et latine, Bruxas en duo avec le multi-instumentaliste Jacco Gardner. Enfin, l’allemand Wolf Muller aka Bufiman aka Jan Schulte, sera accompagné de Niklas Wandt, avec qui il a co-produit le double LP Instrumentalmusik von der Mitte der World, combinaison de sons ethniques entre free jazz et funk bass.


Cela fait 9 ans que le festival existe. Cette année, il s'organise sous le signe de la rupture. Pour y parvenir, ils ne vendent plus du rêve, mais une désorganisation insolente qui s'abandonne au profit de la spontanéité et de la convivialité : c'est « l'artisanat de la fête ». Par exemple, artistes, festivaliers et équipes sont invités à La Grande Bouffe, banquet festif le dernier jour du festival sur le port de la ville (il faudra prendre le pass qui l'inclut).

La programmation d'art contemporain mêle à la fois institutions et diplômés d'écoles d'art. Alison Flora, artiste lauréate de la résidence Art contemporain 2018 de Baléapop, effectue des recherches autour du thème du sabotage. Le festival cette année collabore avec le centre d'art bruxellois Argos, qui depuis 1989 a vocation à stimuler et promouvoir l'art audiovisuel. L'art sonore sera également honoré par le jeune diplômé Octave Courtin. Celui-ci fabrique des objets sonores dérivés d'instruments de musique. Il utilise et transforme objets manufacturés pour leurs qualités acoustiques. Enfin, Tony Regazzoni présentera son travail autour de la Boîte de Nuit, qui a fait l'objet d'une première production en 2017 au Centre Pompidou.

Le festival s’octroie une renaissance pour retrouver l'ébauche de sa première édition : « nous avons décidé de briser tout ce que nous avions si bien établi pour se retrouver, presque tout nu et voir comment on vivait à l'âge d'avant tout ça ».

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page dédiée à l’évènement et sur la page Facebook du festival.