Photo en Une : © Mutek


À l'est de Montréal, le Quartier des spectacles accueille chaque fin d'été des rencontres un peu particulières. Depuis le passage à l'an 2000, le festival Mutek soutien la création artistique actuelle, qu'elle soit visuelle ou musicale. Sur cinq jours a lieu un circuit dédié aux prestations live d'une centaine d'artistes venus des quatre coins du monde spécialement pour l'occasion. Ce format audio-visuel s'exporte jusqu'à Mexico, Barcelone, Buenos Aires, San Francisco, Dubaï et Tokyo. Avant-gardistes et savant-fous ont rendez-vous fin août pour une 19ème édition du futur, pleine d'innovations technologiques, de lasers et autres DIY électroniques. 

En s'inscrivant dans la dynamique d'un monde en pleines mutations, les organisateurs veulent questionner les imbrications entre l'homme et la machine dans les arts numériques. Qu'en est-il des femmes dans tout ça ? Cette année, Mutek les met à l'honneur, et ça c'est encore plus futuriste. En participant à Keychange, ce projet soutenu par l'Union européenne qui vise à une parité hommes-femmes 50:50 dans l'industrie musicale d'ici 2022, le Mutek offre une visibilité à un combat planétaire. Keychange viendra avec une poignée de talentueuses représentantes, à l'image de la productrice britannique pop Chagall et son instrumentalisation corporelle ou de l’expérimentatrice galicienne Cora Novoa. Sont prévus dès le 21 août deux jours de table-rondes, d'échanges et de réseautage sur des sujets actuels comme le sexisme dans l’industrie musicale, la réalité virtuelle ou encore le Blockchain. Des cycles de partage et workshops seront organisés pour débuter avec certains outils dans le mastering ou le modulaire. Play, par exemple, présentera son programme gratuit qui entend rendre accessible à tous des créations avant-gardistes et émergentes, du codage à la musique noise.

Toute la semaine, la série des Nocturnes sera l'immanquable lieu de rencontre pour profiter d'un panorama très large des musiques électroniques actuelles. Les rythmes de l'Afrique contemporaine résonneront, du gqom sud-africain de DJ Lag aux steel-bands électriques de Clap! Clap!. Du dancehall arrivera tout droit de la Jamaïque avec Equiknoxx. Il y aura aussi les louvoiements modulaires de Caterina Barbieri, qui vient de sortir un titre sur la compilation 100% italienne Flowers From The Ashes sur Stroboscopic Artefact, label expérimental de Lucy. Font partie des artistes programmés la mystérieuse RAMZi et sa deep house influencée world music, le lien hybride entre la techno et la bass music de l'espagnole JASSS ou encore le membre du très privé Salon des Amateurs de Düsseldorf Tolouse Low Trax, lui aussi expérimentaliste.

Autre série, autres styles. Les Métropolis, qui se tiendront au MTELUS, offriront toute une tribune pour les sonorités scandinaves entre techno profonde, drone et ambient aux accents du label Northern Electronics. Le finlandais Aleksi Perälä étalera ses sons mystiques et glaçant. Son voisin suédois Anthony Lindell, aka Abdulla Rashim, s'exécutera lui aussi pour proposer des paysages sonores sombres et progressifs. L'allemande Dasha Rush, qui reviendra pour la troisième fois au Mutek, présentera LADA, son alias techno qu'elle partage sur grand écran avec Lars Hemmerling.

Le festival est aussi pointu musicalement que visuellement, avec sa série A/Visions. Hybride, Alicia Hush et son partenaire visuel Ionsea s'aventureront entre techno minimaliste et douce pour un live A/V. Et l'on y croisera le spectacle laser Single Origin de Robin Fox ou l'artiste montréalais Martin Messier qui, avec le Français YRO, présentera ASHES, nouvelle œuvre entre dramaturgie et cinématographie.

Plus d'informations sur le site du festival et sur la page Facebook de l'évènement.