Photo en Une : © ScareCriterion12


C’est officiel depuis quelques jours : la Cour d'Honneur de l’Élysée fêtera cette année la musique électronique. Ce n’est pas la première fois que le lieu accueille des musiciens pour un 21 juin : Véronique Sanson avait été invitée par Jacques Chirac en 2000, et, quelques années avant elle, Julien Clerc par François Mitterrand. Mais c’est bien la première fois qu’il y aura des platines et des sonorités électroniques qui résonneront dans les murs du Palais présidentiel. 

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La programmation de cette grande première fera la part belle à la french touch, avec son fer de lance Ed Banger Records, représenté par nul autre que son patron Pedro Winter aka Busy P, ou encore le producteur Kavinsky, dont le tube Nightcall continue encore de résonner depuis 2011. Logiquement programmés par l'Élysée, ces deux piliers de l’électro française passeront ensuite le relais à Chloé, figure de la techno parisienne dont l'excellent album Endless Revisions sortait l'an dernier. Directeur artistique du label d’excellence Roche Musique, Cézaire porte lui une certaine idée de la house française plus douce et lancinante, tournée vers l'electro pop et la chillwave. Kiddy Smile, qui sortira son premier album One Trick Pony le 31 août prochain, vient lui représenter le mouvement LGBT, devenu en quelques années le porte-parole du voguing à la française envié par l'Europe entière.

Bien que l’évènement soit déjà complet — la présidence a rassuré qu'en cas de désistements, elle remettrait en ligne des places —, son annonce a déjà provoqué de vifs applaudissements dans la presse nationale. L’ancien ministre de la Culture, Jack Lang s’est réjoui dans un communiqué : « Hourra ! Hourra ! Enfin la musique techno entre à l’Élysée ! » Celui qui est à l’origine de la Fête de la Musique en 1982 et de la première Techno Parade en 1998 célèbre cette « victoire sur l’ignorance et le mépris » après des « années de combat [...] aujourd'hui récompensées par le Président ». Un progrès, face aux éternels conflits entre musiques électroniques et pouvoirs publics ; on pense notamment au teknival, dont le dialogue avec l'État ne progresse pas depuis 25 ans, forcé d'organiser un évènement de 60 000 personnes dans l'illégalité. À ce titre, Jack Lang a appelé à « résoudre toute une série de problèmes » qui touche cet univers, comme « la faible reconnaissance des droits moraux et matériels des créateurs », « l'étouffement de festivals par les coûts excessifs de sécurité » ou « la quasi absence de la musique électronique sur de nombreuses radios ».