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« FREE PARTY : Que faire contre les nuisances occasionnées par l’organisation illégale de manifestations festives à caractère musical ? Appelez-nous au 17 ! », peut-on lire sur des tracts pour « l’action citoyenne » distribués aux habitants de Charente-Maritime, à la façon de ceux des raves, soulignant le climat de tension qui règne entre les ravers, les habitants et les autorités. Lors d’une réunion organisée le 8 juin dernier réunissant élus locaux, services de gendarmerie, membres de la population ainsi qu'une quinzaine d'organisateurs de raves, les autorités ont affirmé utiliser tous les moyens en leur pouvoir pour lutter contre les manifestations non déclarées. Le message est clair: « Déclarez vos fêtes. Vous parlez de dialogue, commencez d’abord par respecter la loi. » Le député de la circonscription locale est allé jusqu’à interpeller le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, demandant l’affectation de forces de gendarmerie supplémentaires afin de « bousculer les habitudes prises par les organisateurs ».

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Ces mesures fermes sont la conséquence d’une récente escalade de tensions entre ravers, forces de l’ordre et Charentais-Maritimes. Les free parties se sont multipliées dans le département au grand déplaisir d’une population de plus en plus exaspérée. Le problème ne vient pas des raves en soi, mais de leur répétition : 13 fêtes libres en huit mois dans un rayon de 10km, et parfois organisées trop près des habitations. Excédés, les riverains tentent de combattre eux-mêmes les raves – pour certains, dangereusement – ; le 18 mai dernier, un habitant en colère renversait la voiture d’un participant à l’aide de son véhicule de chantier, alors que le conducteur était à l’intérieur. 

Les organisateurs ont présenté des excuses, mais ne se sont pas pour autant résignés à renoncer à leur « culture, mode de vie et passion » qu'ils revendiquent depuis plus de vingt ans. « C’est clairement une répression qui est mise en place, et non une conciliation », déplorent-ils. Sur leur page Facebook, ils déclarent « Au lieu d’apaiser les tensions, nous avons encore une fois donné une mauvaise image. [...] En bref, c’est pire après qu’avant. »

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Samuel Raymond, coordinateur de l'association Freeform, travaille sur des démarches de concertation et de médiation autour des problématiques liées aux free party. « Les torts sont partagés. Il faut dire aux jeunes organisateurs : là, vous dérangez vraiment les gens, il ne faut pas le refaire. Quitte à être ferme. Mais leur dire aussi : on va vous apporter des solutions, proposer des terrains. C'est comme ça qu'un pays avance, généralement... » Reste à savoir si les élus sont prêts à considérer les free party comme un élément du paysage culturel charentais à part entière.