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« On se présente comme une association de sensibilisation aux préjugés et inégalités liées au genre et aux sexualités », explique Mathilde, co-fondatrice d'À Nous la Nuit. Derrière cet intitulé presque universitaire, les membres du groupe parisien prônent la prise de conscience de la masculinisation de l'espace public, à travers des évènements ouverts à tous·tes, où le consentement, le respect et la tolérance priment.

« L'idée est de montrer qu'on assiste à une virilisation de l'espace public, occupé par les hommes et traversé par les femmes, dans lequel les pratiques nocturnes sont soumises à des codes encore plus genrés, continue la représentante. Alors on essaye de déconstruite nos propres avis, formatés par des normes imposées depuis l'enfance, et de les partager avec un public un minimum sensibilisé. » Une démarche qui se concrétise à travers des apéros-débats et, une fois par an, une marche suivie d'une soirée. Une attitude inspirée du mouvement « Take Back the Night » né dans les années 90 – et toujours actif –, qui se veut inclusive et est élargie aux problèmes subis par les communautés LGBTQ+. L'association, jamais moralisatrice et ouverte au débat, se veut être, dans un objectif de sensibilisation du plus grand nombre, « une porte d'entrée "soft" vers des discours plus engagés. »

En abordant des thèmes comme la notion de consentement, qui sera d'ailleurs abordée à la soirée du 14 juin, où À nous la nuit tiendra un stand, les membres de l'association espèrent pouvoir toucher un public le plus large possible. Pourtant, Mathilde ne cache pas la présence d'un videur sur place : « le but n'est pas d'empêcher des gens d'entrer, mais de les prévenir d'agir en conséquence, ce qu'on aimerait bien ne plus avoir à faire, justifie-t-elle. Généralement, ça évite aux lourd·e·s de s'incruster et tout le monde passe une meilleure soirée. » Une démarche peut-être contradictoire, mais qui permet, selon l'organisatrice, au public de s'affranchir des codes genrés qui définissent habituellement les comportements en soirée.

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En toute logique, l'association fait la part belle aux artistes féminines, « que ce soit pour des questions de visibilité, mais aussi parce que le public féminin peut se sentir plus légitime. » Ainsi, la pop électronique d'Agnès Aokky ouvrira la soirée, après laquelle un set de l'éclectique Beurre de Pin Up viendra réchauffer l'ambiance. Les psychédéliques Corine - and co. seront également de la partie, avec leur house à toute épreuve, suivies de Problèmes d'amour, VIKKEN et Wakanda.

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