Photo en Une : © Maxime Chermat

Ce rapport s'appuie sur une méthodologie innovante qui croise les bases de données de Facebook, Resident Advisor et Soundcloud et de la technologie d'analyse intégrée dans leurs Smartboards (outils pro de Shotgun). Il a pour finalité de rendre compte de l’évolution et des tendances du secteur. Sa première partie entend jauger l’étendue et l’évolution du marché électronique en France depuis 2014, afin de poser les bases de la suite du rapport. Elle fait le constat d’une très forte croissance, à un niveau national et régional, de la demande comme de l’offre d’évènements électroniques.

Paris n’est plus le seul foyer de la scène électronique en France

Une analyse chronologique et géographique permet de mettre en lumière un phénomène plus qu’intéressant. Elle atteste de la déconcentration, ces quatre dernières années, des évènements électroniques de la région parisienne et de la naissance d’un certain nombre de « hubs » (noyaux où se concentrent les flux) dans les différentes régions du pays.

Si ce premier article fait le constat d’une augmentation globale de l’offre et de la demande des évènements électroniques en France, il vient surtout souligner le fait que cette augmentation est bien plus forte et rapide dans le reste de l'hexagone que dans la région parisienne. Si l’Île-de-France fut pendant longtemps la mégalopole de la fête, la dynamique actuelle tend au rééquilibrage. La région Centre (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre) est l’exemple même de ce développement : son taux d’offre s’est multiplié par 6,19 depuis 2014, et celui de demande par plus de 10. On observe des évolutions similaires dans les régions du Nord et du Sud-Ouest (Nouvelle Aquitaine-Occitanie). La région parisienne qui, en 2014, détenait environ 65% du marché évènementiel (offre comme demande), n’en détient plus que 53% en 2017. 

L’intérêt du public va plus vite que la musique

L’autre principale conclusion de l’article est la suivante : dans l’ensemble de la France, on constate que l’augmentation du taux de demande est environ deux fois plus élevée que celui de l’offre. L’intérêt de la population française pour les évènements électroniques croît bien plus rapidement que le nombre proposé. En quatre ans et sur la globalité du pays, le taux de demande à augmenté de 550%, tandis que le taux de l’offre a connu une hausse de 230%. Ces chiffres permettent de constater que le marché de l’évènementiel électro est loin d’être saturé. Une bonne nouvelle pour les organisateurs, donc.


Le prochain article de l’étude de Shotgun devrait davantage s’atteler à décrire la nature des acteurs du milieu de la musique électronique et leur pluralité (collectifs, clubs, festivals, nombre de personnes mobilisées lors d’un évènement, récurrence de ces évènements dans le temps…). Le troisième article, quant à lui, s’attachera à analyser de façon plus qualitative les courants et styles musicaux qui animent cette scène. Le rapport sera présenté dans son intégralité à la Paris Electronic Week, fin-septembre 2018. D’ici là, les différents chapitres thématiques qui le composent seront publiés via le blog pro et la newsletter de Shotgun, à raison de deux par mois.