Photo en Une : © DR


« Les discussions engagées depuis décembre 2017 entre les autorités et les organisateurs du Teknival pour trouver un terrain susceptible d'accueillir l'évènement se sont soldées par un échec. » Dans son communiqué de presse publié le 23 avril (disponible ci-dessous), la préfecture d'Indre-et-Loire est catégorique : les deux arrêtés formulés à l'égard des organisateurs du teknival prendront bien effet du 23 avril au 5 mai — période sur laquelle doit se tenir le teknival. Le premier a pour but d'interdire tout rassemblement festif à caractère musical (dont les caractéristiques sont développées dans l’article R. 211-2 du code de la sécurité intérieure) ; le second prévoit d’empêcher la circulation des poids lourds transportant du matériel lié à la manifestation, plus particulièrement ceux contenant les soundsystems, dans tout le département. Cette mesure s’accompagne de la possibilité de confisquer les matériels de sonorisation pour une durée maximale de six mois, même si ceux-ci n'ont jamais quitté le véhicule.

Contrairement à la première interdiction, l’application de ce deuxième arrêté est inédite. Une action ferme de la part de la préfecture, pour éviter l’installation du teknival, qui reflète la (non) tolérance des institutions vis-à-vis de la free party. Le communiqué de presse stipule : « La plus grande sévérité sera observée de la part des autorités administratives et judiciaires. » Il faudra donc s’attendre à de fortes répressions venant des forces de l’ordre, à l'encontre des teknivaliers. L’évolution de la politique générale concernant les free parties et l’avancée du dialogue avec les autorités publiques, espérées par les soundsystems pour les 25 ans du teknival, n’auront pas lieues (non plus) cette année.

Pour rappel, les soundsystems se réjouissaient, au début du mois de mars, d'avoir trouvé un terrain pour fêter leurs cinquante ans. Puis, fin-mars, l’association Freeform (chargée de la médiation entre les pouvoirs publics et les organisateurs du teknival) posait un ultimatum au gouvernement : sans réponse de sa part, l'évènement aurait quand même lieu, fût-il illégal ou non. Face au mutisme de l’État, l’association perdait, début avril, tout espoir de faire aboutir ses négociations à une réponse positive, avant de finalement se détacher du teknival – faute d'entente avec les institutions.