Photo en Une : © D.R.

Le patron du label Ed Banger Records, qui fête cette année ses 15 ans, saisit la baguette d’un chef d’orchestre pour programmer "Music Machines", deux mois de concerts, atelier et animations aux Galeries Lafayette Haussman. Au premier étage, Pedro Winter a installé la « Music Factory », un espace d'écoute où l'on pourra (re)découvrir du mardi au samedi quelque 1 500 vinyles de la collection personnelle de DJ Mehdi, décédé prématurément en 2011.

"J’ai ressorti toute la discothèque de Mehdi, qui trainait dans sa cave", explique Pedro. "Le public pourra digger dedans. On sait ce que ça représente symboliquement, émotionnellement, la discothèque de quelqu'un." 

Une opportunité immanquable pour les DJ’s et producteurs en quête de nouvelles inspirations, qu’ils sauront trouver sans trop de difficulté chez cet érudit du hip-hop et de l'électro. Aidé par Dee Nasty à ses débuts et très influencé par DJ Shadow, Mehdi a appris à créer les boucles les plus enflammées (d’abord sur cassettes) et s’est vite lancé dans la production de groupes et artistes hip-hop comme les Mafia K’1fry ou Ideal J pour qui il écrivait parfois même les textes.

Entre le hip-hop, la house, la techno qui frôle la rave, le funk, le breakbeat, le jazz et le rock, le prodige des Hauts-de-Seine a réussi à renouveler la French Touch en allant puiser dans les styles les plus hétéroclites, du folk cosmique de Gabor Szabo ou la musique orientale de Ahmed Wahby (dans "tonton du bled"). De quoi éveiller la curiosité de chacun et provoquer les débats quant aux barrières qu’il escalade avec fluidité entre les Beatles, dont Mehdi était un grand admirateur, à Public Enemy, tout en y apportant sa patte reconnaissable entre mille.

Sur le chemin des Galeries Lafayette, on se relancera sa mixtape « Loukoums », hommage à J Dilla sorti juste après l'album Lucky Boy sur Ed Banger. Un régal.