Photo en Une : © Electric Forest

C’est un road trip que propose l’entreprise américaine Live Nation. Véritable géant de l’industrie du spectacle, ayant dégagé 10,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2017, l’entreprise organise aujourd’hui cinq festivals français : I Love Techno, Lollapalooza Paris, Download Festival, Main Square et Paris Summer Jam.
À l’exception de ce dernier, un accès à tous ces évènements est proposé aux détenteurs du « festival passeport » mis en vente depuis le 17 avril par Live Nation. Pour 999 $, les festivaliers les plus endurants pourront se rendre dans 114 festivals, dispersés dans une vingtaine de pays, du Japon au Canada. Une version VIP est également proposée pour 5000 $, pour griller les files d’attente tout l’été. De quoi bien occuper ses vacances.

Si la démarche rappelle celle du festival genevois Electron, qui propose dorénavant des pass à vie pour 300 CHF, soit environ 260 €, elle fait surtout écho au quasi-monopole de la firme dans l’industrie mondiale du spectacle.
La France n’échappe pas au phénomène : à son implantation sur le territoire en 2007, l’entreprise acquiert la majorité des parts de la société Jacquie Lombard Production, spécialisée dans la programmation de concerts d’artistes internationaux, révèle Le Monde dans un article de 2010. Ce qui fait dire à Jules Frutos, président du syndicat national des producteurs, diffuseurs et des salles de spectacles, dans ces mêmes lignes, que la production de concert en France est un milieu « qui se prend sur le tard l’industrie dans la gueule ». Live Nation se pose également comme acteur de poids dans l’organisation de concerts, dont elle tire 20 % de son chiffre d’affaires.