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L'équipe de Crudo Volta s’est déplacée au Ghana et a réalisé ce documentaire de trente minutes à la rencontre de la musique urbaine africaine, à travers le trip de l’artiste et producteur britannique d’origine ghanéenne basé à Londres Hagan – véritable pont entre les deux cultures. Il y rencontre des artistes et acteurs influents de la scène électronique tels que Gafacci et Rvdical The Kid, mais aussi des musiciens traditionnels du pays afin de s’immerger dans la scène locale et d’en découvrir les ressources et la richesse.

« On voulait montrer ce qui se passe au Ghana en ce moment, et analyser la musique qui y domine, urbaine, en connexion avec les éléments traditionnels. » Bercé par une BO riche, planante et des images qui alternent entre témoignages, paysages, danses et visages, le documentaire Yenkyi Taxi nous plonge au cœur de la culture ghanéenne. Dans la continuité du documentaire réalisé il y a deux ans sur le genre musical du gqom en Afrique du Sud, l'on découvre ici, à travers la narration de Hagan, le parcours et l’essence de la musique électronique au Ghana. Crudo Volta affirme à ce sujet : « Un artiste comme Hagan n’est ni complètement Ghanéen, ni complètement Britannique. Il peut se réapproprier des éléments traditionnels ghanéens sans avoir d’étiquette ; il n’appartient pas à un concept culturel limité. »

Le documentaire montre ainsi la modernité de la musique ghanéenne, qui n’exclut jamais ses origines et va même puiser dans ses traditions pour s’en inspirer. En studio, rythmes traditionnels se marient aux sonorités électroniques et aux machines. L’essence de la musique électronique ghanéenne se perçoit alors dans le mélange des sonorités organiques et numériques, dans une collaboration entre l’humain, l'outil et le folklore.

« On montre que la musique qui puise dans les traditions n’est pas forcément conservatrice ou fasciste. Au Ghana, on intègre la tradition et on souhaite la moderniser. On y observe une grande fluidité entre passé, présent et futur. » Le documentaire apporte ainsi, selon Crudo Volta, une « autre image de l’Afrique qui contribue activement à la culture contemporaine européenne ». Un point important dans la démarche de la radio : décrypter les influences musicales en Europe, en Afrique et aux États-Unis. Cela permet de replacer les musiques africaines au centre des évolutions, comme initiateurs de nombreux genres musicaux contemporains qui existent et sont extrêmement populaires en Occident. « On observe en musique électronique beaucoup de scènes où les riffs tirent leurs sonorités de l'Afrique, tels que la clave (instrument de percussion, NDLR). Le contexte et l’histoire racontée prouvent cette origine africaine de la culture musicale européenne, dans un univers plus vaste que seul les musiques électroniques. »

La radio cherche également à travers la musique à représenter la complexité de l’Afrique et à ouvrir le public à une autre perception du pays, plus complexe et juste. Crudo Volta déclare dans ce sens : « Notre démarche était aussi un besoin de montrer complexité de l'Afrique, qui n’est pas que pauvre ou en guerre, et son évolution avec un langage pertinent pour communiquer ça : la musique. Elle est en effet très connectée aux traditions religieuses africaines, mais incarne aussi une évolution de cette tradition, de sa littérature, de la tradition orale et enfin de la danse, essentielle à cette culture – expression et identité clef de l’Afrique. »

La prochaine étape pour Crudo Volta sera l’observation de la culture musicale du Mozambique. Une enquête focalisée non seulement sur la musique urbaine, mais aussi sur la danse, qui commencera le 15 mai. Vous pouvez retrouver le documentaire en avant-première ci-dessous, et dès le 19 avril sur sur la chaîne YouTube de Crudo Volta Radio.