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En France, on compte 4 millions de personnes qui souffrent d’acouphènes et 12 à 14 millions de personnes touchés par des acouphènes de manière irrégulière. Selon les chercheurs, 56% des 15-17 ans et 49% des 18-24 ans avouent ressentir ou avoir ressenti un problème d’acouphène. L’enquête évoque même le terme de « fléau sanitaire » pour décrire ce phénomène grandissant chez les jeunes. Pour le moment, la majorité des personnes interrogées estiment que la gêne occasionnée par les acouphènes n’est pas insurmontable (61% des personnes interrogées donnent une note de gêne inférieure ou égale à 5/10).

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Sauf que par analogie, 4 sur 10 jeunes associent l’acouphène à une perte auditive. Parmi eux, ils sont 9% à penser à l’estimer à un niveau important. Cette gêne a de nombreux impacts sur la vie quotidienne des jeunes. 55% des 25-34 estiment que les acouphènes ont une incidence sur au moins un aspect de leur vie. Le plus souvent, l’effet se ressent sur la vie sociale avec 45% des interrogés. Les problèmes sont multiples : problèmes d’audition, de concentration et même de difficultés à accomplir des tâches quotidiennes. Ainsi, les acouphènes peuvent occasionner des troubles du sommeil ou être source d’anxiété, voire de dépression.

L’étude souhaite montrer à quel point le problème de l’acouphène est sous-estimé. Seul un tiers des personnes ayant ressenti des symptômes est allé consulter un professionnel de santé. Chez les jeunes, on tombe à 8% pour les 15-17 ans et 26% pour les 18-24 ans. Autre problème, le manque de solution proposée par le corps médical. À l’issue d’une consultation, 54% ne bénéficient d’aucun dispositif pour traiter les acouphènes. Quelques traitements existent quand même. Mais l’enquête préconise aussi la résilience. Les experts parlent de « mettre à distance ses acouphènes » en « développant une philosophie de vie portée sur le positivisme ». En d’autres termes, apprendre à vivre avec. L’étude entend aussi alerter les politiques pour que les impacts sanitaires des acouphènes soient reconnus. Le rappeur Roméo Elvis est notamment l'une des célèbres victimes de cette gêne, comme il en parlait au micro de Quotidien mais aussi dans son titre "Ma tête", présent sur l'album Morale 2.

La meilleure solution reste quand même la prévention des acouphènes en se protégeant des expositions sonores sources de traumatismes sonores. Faire attention en club est donc important, surtout quand on sait que le son y est trop compressé, comme le rappelait Christian Hugonnet, président de la Semaine du son. L’étude préconise le port de protection et de faire des pauses pour reposer le système auditif. La maison d’optique et d’audition Acuitis propose d’ailleurs des protections auditives plus efficaces que les traditionnels bouchons d’oreille. Dans le cadre de la Journée nationale de l’Audition ce 8 mars, elle les distribuera dans le centre de Paris, à l'aide de ses Fitcars – voiturettes à pédales – et proposera des tests d’audition gratuits aux passants. Et puis, si la musique est un facteur à l'origine des acouphènes, elle peut aussi en être le médicament, avec la musicothérapie.