Photo en Une : Photos : © David Boschet


Par Olivier Pernot

La découverte : Look Mum No Computer

Depuis deux ans, Gildas Rioualen, le boss d’Astropolis, court après Look Mum No Computer. Il regarde toutes les vidéos que l’Anglais poste sur YouTube et lui envoie une succession de mails... qui restaient sans réponses. Jusqu’à cette édition hivernale d’Astropolis durant laquelle Sam Battle est venu donner deux lives très remarqués. En version nuit, dans la petite salle de la Carène, Look Mum No Computer offre une prestation ébouriffée comme sa tignasse. Devant un mur de machines DIY, dont les diodes rouges scintillent dans le noir, il bricole une électro pop, aux accents new wave et à l’esprit punk, qui remporte immédiatement l’adhésion du public. Le lendemain, dans la lumineuse grande halle des Capucins, l’Anglais offre un nouveau live tout aussi communicatif, entre la performance improvisée et l’atelier bricolage.

Le live : Legowelt

La musique de Legowelt est à la croisée des chemins électroniques : techno, minimale, acid, breakbeat. Les lives du Néerlandais sont des grands moments de suspension, entre la terre et l’espace, entre la rigueur technologie et l’abstraction mentale. Ce soir-là d’Astropolis, dans la grande salle de La Carène, l’artiste livre une performance d’une grande richesse rythmique et d’une puissante poésie mélodique. Legowelt est un savant un peu fou qui sait dompter le flux électrique, un sorcier des machines qui signe une musique à la fois hypnotique et dansante.

Le DJ : Kerri Chandler

Kerri Chandler au pays des crêpes. Il y a comme une évidence. Blague à part (merci Olive !), Monsieur Kerri Chandler est une légende, un des pionniers de la house qui a n’a pas la grosse tête et reste toujours d’une grande générosité. La musique qu’il mixe avec justesse invite à la danse et à la communion. Une fois encore, ce DJ passionné donne une prestation de grande classe. Il fait vivre la house music avec une foi incomparable, avec toujours l’envie de combler les danseurs, de les envelopper dans des lignes de basses groovy et profondes, de les faire voyager avec des nappes de synthés planantes et chaleureuses.

Le lieu : Les Capucins

Cet ancien site de la Marine a été racheté par la ville de Brest. Depuis un an, ces immenses entrepôts accueillent une médiathèque du 21e siècle, chaleureuse et connectée, où il fait bon s’y perdre dans les rayonnages de livres ou se poser dans les multiples alcôves. A côté, une majestueuse nef de lumière et de métal, une immense warehouse diurne, qui a été investie tout le samedi après-midi par le collectif Velizion. Autour des imposantes machines de ses anciens ateliers, restées in situ, la structure brestoise a mis en place une série de propositions autour de la musique électronique. Notamment des lives (Look Mum No Computer, Franck Kartell, etc.) et un stand de machines en libre service animé par la marque Roland.

L’initiative : Cool Bus

Durant sa semaine, Astropolis L’Hiver a révélé d’autres grands moments, un peu partout dans la ville : le live de Chloé et Vassilena Serafimova autour de la musique de Steve Reich, des DJ sets et des lives (Charlotte De Witte, Hunee, Romain Play et Le Camion Bazar, Broken English Club), un vinyl market, des masterclasses avec Kmyle, etc. Pendant ces quelques jours, le Cool Bus s’est baladé dans les différents quartiers de Brest. À l’intérieur, l’artiste musicien électro Vincent Malassis, alias Vinny Van Malass, et tout son matériel (boîte à rythmes, sampleur, synthés, table de mixage). « Chaque jour avec des enfants de 7 à 10 ans, on jouait à faire un morceau électro. On captait des sons de leur environnement, de leur quartier, qu’on mettait dans le sampleur. On créait des boucles de rythmes. On enregistrait et on déformait nos voix. » Avec tout son enthousiasme et son exubérance belge, Vinny Van Malass a conquis les enfants, leur faisant découvrir les joies des musiques électroniques lors de cet atelier itinérant qui a parfois débordé en boum dans le bus !