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Comme le duo trance Infected Mushrooms, le collectif de free party Psylo Zof ou le groupe écossais Golden Teacher (du nom d'une variété de champignons hallucinogènes), nombreux sont les acteurs du monde de la musique électronique à faire référence de près ou de loin aux propriétés «magiques» de certains champignons. Ces propriétés, ils les tiennent de l'effet psychotrope de la psilocybine, une molécule rare. Pourtant, on la retrouve dans différentes espèces de champignons provenant de familles éloignées. Si elles n'ont pas de lien de parenté, comment ont-elles acquis cette même particularité ?

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Des chercheurs de l'université d'Etat de l'Ohio se sont sérieusement penchés sur la question. Ils ont étudié trois espèces hallucinogènes et d'autres espèces proches mais non psychotropes. Ils ont publié leurs résultats dans la revue Evolution Letters et ont découvert cinq gènes identiques chez les variétés psychotropes, malgré le fait qu'elles appartiennent à des lignées variées.

Comment expliquer que ces gènes aient «bondi» d'une espèce à l'autre ? Comme toute évolution génétique, elle est liée aux contraintes de l'environnement où se développent ces champignons. En l'occurrence, un terrain composé de bois pourri et de fumier animal, où les insectes prolifèrent. Ce sont eux qui représentent les principaux prédateurs du règne fongique. Lorsqu'ils plantent leurs mandibules dans un champignon produisant de la psilocybine, celle-ci va altérer leur production de sérotonine. Si on lui attribue, en gros, la sensation de bien être chez les humains, la sérotonine régule également l'appétit chez les mouches. Les champignons "magiques" auraient donc développé un mécanisme de coupe-faim, afin de décourager les nuisibles de les grignoter. S'il avaient deviné que cela leur vaudrait d'être récoltés en masse pour se retrouver sur les étalages des coffee shops d'Amsterdam...

Très réglementé, le travail sur la psilocybine pourrait trouver des applications médicales chez l'humain, notamment dans le traitement de troubles psychologiques, comme l'addiction ou la dépression. Le psychologue Bill Richards a même créé une playslist spécialement pensée pour accompagner un «trip» aux champignons, que vous pouvez retrouver ci-dessous.