Photo en Une : © Bass Expression


Pas facile de trouver des responsables lors d'une rave party illégale. Le Ministère public a alors décidé de convoquer onze hommes – venant des quatre coins du pays – mardi. Ils ne se connaissent pas, mais ont tous joué un rôle dans l'événement, de près ou de loin. Le premier a mené un convoi de 200 voitures vers le site du teknival. Un autre tenait un stand de sandwichs. D'autres ont été identifiés par les enquêteurs comme possesseurs de murs de son, ou ayant participé à leur installation. Il faut dire que les condamnations pleuvaient après l'événement, à l'encontre de 1700 automobilistes identifiés par leur plaque d'immatriculation, ou même à l'encontre d'un homme qui filmait la zone avec un drone, alors qu'il est interdit de survoler les réserves naturelles.

« Ces dix prévenus ne sont pas responsables du saccage causé par 15 000 personnes, mais celles-ci sont venues pour y entendre leur musique. Ils ont donc largement contribué aux conséquences de cette rave party » a argumenté le procureur Patrick Desjardins, d'après nos confrères de La Provence. Il requiert 2 mois de prison avec sursis et 150 heures de travail d'intérêt général pour nettoyer la zone pour chaque prévenu. De leur côté, les parties civiles – la réserve et la mairie de Saint-Martin, l'association des pêcheurs Arles/Saint-Martin et l'association Agir pour la Crau – réclament 230 000 € de dommages et intérêts.

Entre 15 000 et 30 000 personnes avaient tapé du pied pendant cinq jours au TekSud Reload, dans la poussière de la réserve naturelle des Coussouls, près d'Arles. Problème, le site est une réserve naturelle nationale classée depuis 2001 et les fêtards ont laissé derrière eux 30 tonnes de déchets sur des dizaines d'hectares. En cause : un manque de civisme de la part des teufeurs, mais aussi une sortie précipitée en fin de teknival, les sound systems et les danseurs ayant dû évacuer la zone sous la pression des forces de l'ordre et saisie de plusieurs murs de son.

D'après Bass Expression, qui relayait la communication autour de l'événement, la municipalité locale n'aurait pas fourni les bennes demandées pour ramasser les déchets, qui étaient entassés à différents endroits du site. Elle aurait par contre envoyé un grand nombre d'employés s'occuper du ramassage des ordures dès le lendemain des festivités, alors qu'une journée de nettoyage était prévue par les teufeurs quelques jours plus tard.

Le tribunal correctionnel rendra son jugement final le 3 avril.