Photo en Une : © DR


C'est une figure de la house qui vient de s'éteindre, après une carrière longue de plus de 30 ans. Parce qu'il était précurseur, son rôle a été déterminant dans l'orientation qu'a pris la musique dès les années 1980. Avec ses bandes magnétiques, ses boîtes à rythmes et ses synthétiseurs, Boyd Jarvis était un acteur majeur de l'émergence de nouvelles musiques dans le New York des années 1980. Sans sa musique barbarement qualifiée de protohouse, le garage américain n'aurait pas eu la même saveur, et la déferlante house n'aurait pas connu la même ampleur. Le cancer aura malheureusement emporté le producteur, malgré une rémission annoncée il y a deux ans. Un concert pour récolter des fonds et lui venir en aide avait été organisé à New York, en compagnie des DJ's et producteurs qui avait accompagné la carrière de Jarvis.

Particulièrement célèbre pour son tube "The Music Got Me" – produit avec Jason Smith sur le label Premude Records en 1983 –, Boyd Jarvis a succombé à 59 ou 60 ans selon les sources. Il avait travaillé avec des pionniers comme François K, Joe Claussell, Louie Vega, David Morales ou encore Timmy Regisford, avec qui il animait notamment l'émission Saturday Night Dance Party sur WBLS, célèbre radio dance de la Grosse Pomme – avant de qu'elle ne soit reprise par Merlin Bobb. Et si cette avalanche de noms ne suffit pas, rappelons également ses collaborations avec Herbie Hancock, Prince, Boy George ou encore Madonna, pour lesquels il a produit et remixé des morceaux. On lui attribuait aussi la découverte du chanteur de house Colonel Abrams, décédé lui en novembre 2016, qui était à l'époque vocaliste pour le producteur new yorkais. Une collaboration qui aurait inspiré la scène dance britannique des années 80, donnant naissance au célèbre "Never Gonna Give You Up" de Rick Astley.