Photo en Une : © Aldo Paredes

Derrière ce nom qui sonne comme une promesse, ni concept spectaculaire (scénographie monumentale, headliners internationaux), ni bien sûr stratégie de com’ vide de sens. Ce slogan, associé à la DJ chicagoaine depuis la sortie de l’EP éponyme en 2013 sur Home Taping is Killing Music, est devenu synonyme du combat qu’elle mène sur les dancefloors, pour qu'ils redeviennent ce qu’ils ont historiquement été : des lieux sûrs, sans jugement, où l’on peut s’abandonner en confiance, ouverts à tout le monde indépendamment du sexe, du genre, de la couleur de peau, de la confession… ça peut paraitre naïf, dit comme ça, mais lorsque l’on demande à The Black Madonna si elle assiste souvent, depuis le DJ booth des innombrables clubs où elle est bookée (plus de 130 en 2017), à des actes qui vont à l’encontre de ces principes, elle soupire « Ah, j’ai tout vu. »

   À lire également
The Black Madonna : "J'ai découvert Underground Resistance avec le premier mec qui m'a frappée"

Désormais installée à Londres, où elle tient des résidences en club au XOYO et sur les ondes de la BBC Radio 1, Marea Stamper de son vrai nom avait annoncé en 2016 le début de sa tournée We Still Believe. Son engagement contre les discriminations dans le milieu de la musique électronique n'est un secret pour personne l'année dernière, elle devenait ambassadrice de l'initiative Equalizing Music, qui vise d'ici 2020 à doubler le nombre de femmes à l'affiche de grands festivals électroniques. La tournée est donc une occasion pour Stamper d'inviter les artistes qu’elle admire derrière les platines, mais surtout d'avoir un contrôle du cadre de la soirée. « Les gens avec lesquels je travaille sont très conscients des problèmes qui peuvent survenir en club, notamment pour les femmes. Quand nous organisons les évènements We Still Believe, nous parlons avec le service de sécurité, le staff, pour que tout le monde soit sur la même page. Tout le monde doit pouvoir se sentir en sécurité, c’est primordial. C'est comme ça que les gens se rencontrent. »

   À lire également
"J'ai dû dire à un frotteur que j'étais lesbienne pour qu'il cesse enfin de me coller"

Ce dimanche 18 février au Cabaret Sauvage, The Black Madonna sera rejointe par Nick V, DJ résident et fondateur des soirées Mona à la Bellevilloise, un rendez-vous du vogueing et de la house dance à Paris. Le déhanché promet donc d’être de qualité au club/chapiteau de La Villette, d’autant que l’érudit Gideön, cofondateur des soirées gay Absolution à Berlin et résident du Soulhole, ramènera ses plus belles galettes garage house, funk, soul… Et tendez l’oreille pendant le set de The Black Madonna : quelques tracks de son premier album, prévu pour ce début d’année, s’y seront peut-être glissés.