Photo en Une : © Kenny Dope


Kenny « Dope » Gonzalez est l’un des artistes les plus prolifiques de sa génération. Nominé aux Grammy’s Awards à plusieurs reprises, et propulsé au top des charts avec Masters At Work, Kenny Dope a construit sa légende. La réputation de l'artiste repose sur son talent indéniable, fruit d’une hybridation culturelle ; cette capacité à mixer les genres à la perfection prend racine dans son enfance. D’origine portoricaine, le DJ est très vite sensibilisé à la musique latino : « Ce qui est fou, c’est que je suis Portoricain, donc mon père m’a bercé avec ça. Alors que je voulais écouter ce que les autres gamins écoutaient à l’époque : du hip-hop. Mais j’ai grandi comme ça, c’est ancré en moi. »

Ces influences sont l’essence même du travail de Kenny Dope ; la raison pour laquelle il porte cet amour conditionnel pour plusieurs genres. Sa musique, « savant concentré de house, hip-hop, jazz, salsa, funk et soul », est en constante évolution depuis plus d’une trentaine d’années. Pour arriver à ses fins, il fonde son propre label house Dopewax Records en 1988. Dans la foulée, au cours des années 90, Kenny Dope développe le style « broken beat », genre de musique électronique à la forte influence jazz, caractérisé par l’utilisation du contretemps. En 2003, Dope fonde Kay-Dee Records, autre label – fruit de son amour pour la musique funk et soul –, sur lequel il sort un premier morceau : un remix funk du son « Nervous Track », qu’il a enregistré avec Master At Work. Il fonde également, en 2007, le label Ill Friction, en association avec son compère Mark Finkelstein et sous-label de l'emblématique Strictly Rythm ; label sur lequel il sortira son projet Mass Destruction, maxi house aux tendances pop réalisé avec Terry Hunter. Finalement, Kenny Dope s’impose comme un des maîtres de la house, produisant des milliers de tracks, remixant des centaines de sons et jouant à travers le monde.

Le début de ce podcast singulier, « enregistré vers 5h du matin, le 29 janvier, sur Ableton », démontre une influence hip-hop manifeste. Dope a voulu « jouer quelques vibes hip-hop, avant de transiter vers de la house, Yin et Yang de ma personnalité ». Pendant le prélude hip-hop, l’artiste nous amène même « faire un tour du côté sauvage » (« Take A Walk On The Wild Side ») avec le morceau éponyme du regretté Lou Reed. Dope précise que « le podcast est le fruit d’un focus sur l’univers de mon label Dopewax », qu’il a préparé en explorant sa playlist personnelle. Avec l’évolution de la culture club, et l’ampleur qu’elle prend à l’échelle mondiale, quand on demande à Dope s’il ressent une mutation ou une évolution dans sa façon de mixer, le DJ nous répond : « C'est presque évident. Naturellement, j’ai mon propre style, mais il s’enrichit de plus en plus. Avec les endroits que je visite, les pays dans lesquels je voyage, les personnes que je rencontre... Je fais la connaissance de DJ's aux styles variés et aux influences différentes, et je découvre ces univers qu'ils m’apportent. C’est la même chose quand je digg des morceaux, que ce soit en Allemagne, en France, en Angleterre ou au Japon. » 

Quand on demande au maître de la house new-yorkaise ce qu'il retient de toutes ces années d'expérience, son plus grand succès lui revient en tête : « Pour moi, c'est The Bomb! (These Sounds Fall Into My Mind). Ça a tout changé au cours de ma carrière. Non seulement financièrement, mais ça m'a surtout permis de mener à bien des projets que j'avais en tête. » En parlant de projets, Dope nous réserve bien des surprises pour les mois à venir : « Beaucoup de choses se préparent. Dopewax Approved, Vol. 1 Box Set va sortir sur vinyle prochainement – Vol. 2 est actuellement à la presse. C’est de la house, de la techno, de la soul – typique Dopewax. Sur Kay-Dee Records, j'ai pas mal de trucs aussi, comme un Mad Lion 45 Box Set, concentré de morceaux funk et soul. Je vais également sortir une version de E.V.A (E.V.A. by Jean-Jacques Perrey), remixé par DJ Paikan, qui est absolument incroyable. C’est un des morceaux qui ont été samplés par Gang Starr ! Enfin, j’ai aussi une réédition de Pazazz qui va sortir sur 45 tours : le dernier EP de Rasheed Chappell The First Brick, et son album Bricks and Water. » 

Pour Dope, « il faut écouter de la musique dès le réveil, en allant se laver ». Il précise que c’est compliqué pour lui désormais, puisqu’il est père de triplés : « The Dope Triplets ». Une aubaine qui viendra changer sa routine, mais la musique rythme toujours ses journées : « J’écoute de la musique chez moi, ou à la gym le matin. En ce moment même, je suis en studio, et je m’apprête à jouer quelques vinyles, pour être inspiré. »

Retrouvez la légende Kenny Dope lors d'une soirée prometteuse à La Machine du Moulin Rouge, orchestré par l'indomptable crew de La Mamie's, ce samedi 3 février. Pour plus d'informations, rendez-vous sur la page Facebook de l'évènement.