Photo en Une : © Smartboard


Aujourd’hui, l'on compte de plus en plus de soirées, d'évènements, de festivals et de collectifs, de programmateurs et d'organisateurs de soirées. L'explosion de la musique électronique en France au cours des 10 dernières années a créé des vocations, mais ce métier aléatoire et risqué, reste difficile. Dès lors, comment aider les organisateurs à mieux limiter ces risques, mieux satisfaire leur public et augmenter leur rentabilité ? 

C’est la question que s’est posée l’équipe de Shotgun, et sa réponse se nomme Smartboard, une plateforme dédiée aux professionnels de la musique électronique. L’objectif de ce nouvel outil : assister les organisateurs en connectant au service de billetterie Shotgun une analyse algorithmique des gouts du public électronique et divers outils de communication.

Shotgun compte une quarantaine de partenaires actifs et si Smartboard n’en est qu’à ses débuts, certains de ces derniers ont déjà pu la tester. Sina, fondateur du collectif d'artistes Subtyl qui officie à Paris depuis 2012, est enthousiaste, « après avoir vu la démo de la plateforme, je pense que Smartboard peut nous permettre de gagner du temps et surtout de gagner en efficacité. »

Smartboard conserve le système de billetterie et celui des tickets boissons. Mais pour faciliter le job des organisateurs, l’équipe a créé un algorithme de « récupération et de traitement des données ». En clair, un robot récupère les données publiques de trois plateformes que vous connaissez bien : Facebook, Resident Advisor et Soundcloud, des points névralgiques de la communauté électronique. « Quand l'un de nos clients achète un billet sur notre plateforme, il a deux choix au moment de l’achat : soit il se connecte via Facebook, soit via un accès classique. S’il utilise son login Facebook, on va lui demander l’autorisation d’accéder à son historique évènementiel » explique Romain Dugier co-fondateur de Shotgun aux côtés de  Lucas Gérard et Tristan Le Corre. Et près de 80% des utilisateurs se servent du réseau social pour se connecter. L’algorithme permet ensuite de déterminer les dernières tendances musicales. « En récupérant des tags sur Soundcloud et sur RA, le robot va pouvoir dire que tel évènement a comme tête d’affiche « Nina Kraviz » et un style musical qui s’appelle « micro house », par exemple. » De quoi aider les promoteurs à cibler les gouts actuels du public électronique. 

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L'onglet localisation (location preferencies), détermine où sortent les utilisateurs. Les tendances musicales (musicale preferencies) permettent de cerner les styles en vogue et les artistes qui marchent le mieux en soirée. Lorsqu'il s'agit de données, la question de la protection de la vie privée se pose. Sur le sujet, Smartboard garantit l’anonymat de ces données en masquant tout rapprochement entre les informations récoltées et les profils. « Impossible pour un organisateur de savoir qui aime quoi, l’objectif est de rapprocher l’organisateur de son public tout en garantissant la protection des données personnelles et leur anonymat » confirme Romain Dugier. 

Un onglet particulièrement intéressant pour les organisateurs qui souhaitent « fidéliser » leurs clients ou viser le sold-out pour assurer des bénéfices. Cette fonction sert également à ceux qui souhaitent analyser les tendances et ainsi anticiper le bon moment pour affirmer leur « identité artistique » sans se tromper. 

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Comme souvent, les nouveaux usages ont leurs réfractaires. Chez des programmateurs ayant donné leurs lettres de noblesse au job, comme le taulier de Concrete Brice Coudert, le concept passe mal. Le DA du club parisien se questionne sur le fait que cette plateforme dénoterait d’un essoufflement et d’un manque « d’imagination et d’inspiration » de la part des organisateurs. De son côté, le boss du collectif Subtyl n’a aucun doute sur la qualité de l’outil, mais estime que pour se « faire une place », il faut acquérir une certaine « légitimé » dans son approche de l’art et de la culture. Une légitimité qui passe par des « partis pris et par des décisions qui dépassent ce qu’un algorithme pourrait trouver ».

L’équipe de Shotgun, elle, reste claire sur son rôle d’accompagnement des promoteurs. « Nous, on donne un éclairage aux organisateurs sur la réalité de leur public, mais notre rôle n'est pas de faire leur politique à leur place. On souhaite leur donner de nouveaux outils pour qu'ils puissent mieux exprimer leur talent, selon leur propre projet, pour continuer de faire rêver le public electro dont nous même faisons partie » justifie Romain Dugier. 

Dans les dernières fonctions de Smartboard, l'on trouve l’onglet « Retention ». Il permet aux organisateurs de mesurer évènement après évènement leur capacité à faire revenir les participants. La dernière solution de la plateforme, exclusive à un pack premium, est la newsletter personnalisée qui permet aux promoteurs d’envoyer des annonces ciblées à une partie de leur public. Une option qui plait particulièrement à Samy, responsable de Château Perché, un festival électronique à l'identité délirante qui se déroulera au château d'Avrilly l'été prochain. « Pour nous, c'est un des outils les plus intéressants. La newsletter permet de suggérer aux personnes qui ont participé à nos évènements de repartager et revivre cette aventure, ce délire commun. »

Smartboard vient seulement d'être lancé, mais ses créateurs s'attellent déjà à élaborer de nouvelles solutions pour l'enrichir et le parfaire. Des avancées technologiques prometteuses qui pourraient donner un coup de pouce à bon nombre d'organisateurs.