Photo en Une : © Native Instruments pour toutes les photos

Dans la gamme Maschine, Native Instruments n'en est pas à son coup d'essai : aux côtés du modèle MK2 sorti en 2012, on compte également une imposante version Studio, aux allures d'Akai MPC X, une version Mikro, recentrée sur les pads, et un modèle Jam optimisé, avec ses 8 pistes, pour la performance sur Ableton.

La nouvelle version MK3 pioche chez plusieurs membres de cette grande famille, à la recherche d'un combo optimal. Mot d'ordre : « simplicité et spontanéité ». On retrouve ainsi sur ce modèle à 599 € (le même prix que le MK2) deux grands écrans hérités du Studio et le touchstrip du Jam. À cela s’ajoutent une carte son 96 kHz/24 intégrée et des pads plus grands, mais conservant le même espacement que les autres modèles : plus de surface, donc, mais pas de changement au niveau du feeling. La finition est, comme toujours chez Native, propre et élégante. Les pads et les potards sont agréables au toucher, le tout semble bien solide.

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Un controller toujours plus intuitif

La Maschine nous promet une nouvelle fois la possibilité de composer et d’arranger ses tracks sans revenir sans cesse à l’ordinateur ; car, s’il ressemble à s’y méprendre à un standalone, le MK3 reste un controller MIDI, optimisé en premier lieu pour le DAW du même nom, Maschine.

Autant le dire sans détour : oui, cette promesse est largement tenue, plus que sur la version précédente, et c’est jouissif. Un néophyte aura pris la chose en main en tout juste une heure, de la navigation entre les samples et les instruments virtuels grâce aux différents encodeurs au saut entre les modes de performance des pads (Pad mode, Keyboard, Chords, Step) via quatre boutons nouvellement ajoutés qui viennent pallier les manipulations moins intuitives du MK2.

Le mixer, les banques d’effets, le mode arrangement et le sampler gagnent aussi en simplicité d’utilisation grâce aux écrans agrandis. L’interface audio intégrée change carrément la donne pour le sampler, puisqu’il est maintenant possible de brancher directement une source externe – une platine, par exemple – sur la Maschine. On retrouve un feeling de MPC, la précision des encodeurs tactiles en plus, qui permettent de zoomer et dé-zoomer facilement pour retravailler les sons.

Doper la créativité sans alourdir le workflow

La Maschine brille lorsqu’il s’agit de jongler entre les sons, de jammer sans paramétrages complexes, de balancer quelques chaînes d’effets pour colorer le son, poser les bases de ses lignes de batterie, basse, synthé, etc. Le touchstrip, le bouton Note Repeat pour des roulements de percussion ou le mode « Lock » permettant d’improviser sauvagement avant de revenir, de manière harmonieuse, à sa compo originale, sont autant de fonctionnalités qui dopent la créativité sans alourdir le workflow.

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Il serait ici de bon ton de citer également le Komplete Kontrol MK2, qui reprend à l’identique la navigation via les encodeurs tactiles et offre lui aussi deux écrans. Le mécanisme Fatar et les LED dédiées à chaque touche en font un clavier particulièrement agréable à manipuler, mais l’on conviendra que, même si les fonctionnalités de la Maschine sont accessibles via les touches, les pads se prêtent quand même bien mieux à la composition de drums, au sampling, etc. Le retour visuel du Komplete Kontrol reste tout de même appréciable, et la technologie NKS (qui mappe automatiquement les 8 encodeurs aux paramètres principaux d’un plugin) le rend optimisé pour pléthore de VST, d’Arturia à Waldorf en passant par Softube. Ce qui permettra de tirer profit des encodeurs et des écrans sur d’autres DAW comme Ableton, Logic ou même Fruity Loops.

Des limites persistent

Là où les choses se corsent – et ce n’est pas vraiment une surprise –, c’est lorsque l’on sort de ce rush créatif pour se pencher soit sur la synthèse des sons, soit sur l’arrangement précis de ses compositions. Bien que le puissant Massive soit inclus avec les machines, l’on se retrouvera bien vite limité pour tirer profit de la bête avec 8 encodeurs ; ce qui sera valable pour la quasi-totalité des synthés virtuels, dès que l’on s’écarte des presets et que l’on commence à véritablement triturer les sonorités. De même, les encodeurs et les écrans intégrés ne constitueront pas les meilleurs outils pour réarranger en détail ses 20 pistes superposées, dès lors qu’une composition touche à sa complétion. Et pareil pour le mixer, qui permet certes d’ajuster les niveaux, mais pas de régler précisément les EQ de chaque piste… Vous voyez l’idée.

Avec cette nouvelle gamme de controllers, Native s'adresse à ceux qui recherchent la simplicité et l'intuitivité lorsqu’il s’agit de poser les bases d’un tracks, de jammer quand les idées fusent et d’improviser en live. En amont et en aval, il faudra cependant bien se résoudre à retourner sur le DAW et s’esquinter les yeux sur tel petit paramètre d’oscillateur ou telle note du piano roll, pour aboutir à un résultat réellement pro. Mais pendant la phase créative « du milieu » – le cœur, diront certains –, on en oubliera effectivement l’ordinateur pour se laisser complètement happer par la performance. Entre la Maschine MK3 et un controller comme le Push 2 d'Ableton, son concurrent évident, l'on départagera donc au feeling. Quant au Komplete Kontrol MK2, il faut reconnaître que la quantité d'informations présentée sur ses deux écrans lui confère une caractéristique que l'on ne retrouve, pour l'instant, chez aucun concurrent, sans compter une qualité de toucher rare dans cette gamme de prix. Reste à voir si cela contrebalancera, selon l'usage de chacun, l'absence de pads et de faders que l'on retrouve sur de nombreux autres claviers, comme les Keylab d'Arturia.

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Maschine MK3 : 599€, fourni avec Maschine 2 et la suite Komplete 11 Select (prix des softwares seuls : 189€). Détails techniques.

Komplete Kontrol MK2 : 599€ (49 touches), 699€ (61 touches), fourni avec Maschine 2 et la suite Komplete 11 Select. Détails techniques.