Photo en Une : © D.R.

Tu as enregistré ce set en journée. Quelle est la plus grande différence par rapport à tes sets de nuit ? Est-ce l’occasion de passer des disques que tu joues rarement ? 

Mon set était à 16h le dimanche après-midi. Tu ne peux vraiment pas jouer le même set que tu jouerais tard la nuit. Donc j’ai sélectionné plein de morceaux qui colleraient bien à ce moment de la journée. J’avais déjà joué avec Peter van Hoesen (également au line-up) plein de fois mais je n’avais jamais été à Technoon avant, donc j’ai passé peut-être une heure à écouter le résident DJ A. Brehme pendant la fête, à observer les danseurs, comment ils répondaient à certains sons, et j’ai commencé à imaginer la direction de mon propre set. Je pense que la plus grosse différence entre la nuit et les le dimanche après-midi est l’état d’esprit du public.
Donc je sélectionne la musique en fonction de ça, et c’est pourquoi, par exemple, j’y ai mélangé des morceaux deep house aussi. Je considère ça comme une occasion de jouer la musique que je ne joue pas habituellement, mais je ne veux pas éteindre le dancefloor non plus. Donc j’ai probablement quelques morceaux assez difficiles ou risqués que je veux passer à un moment, mais j’attends de me sentir sur la même longueur d’onde que la foule.
Avec ce set en particulier, j’ai senti que je pouvais montrer un spectre plus large de la musique que j’aime que dans la plupart de clubs/festivals/fêtes en Europe. J’ai trouvé que le public de Technoon était similaire à celui du Japon devant lequel j’ai l’habitude de jouer. Je m’y suis senti très à l’aise et confortable. Je crois que c’est pour ça que je me suis senti plus libre d’essayer d’autres choses et d’être plus expressif.

Dans une interview, tu disais que ta durée idéale de set était de 3h. Comment fais-tu pour garder le public vivant et réceptif ?

Je n’ai pas joué de set d’une seule heure depuis au moins dix ans. Je ne peux pas vraiment expliquer ma technique pour garder l’attention du public, mais encore une fois, je pense que la clé est de l’observer. De savoir dans quel état d’esprit il est, ce qu’il recherche à ce moment. Je pense que vous pouvez remarquer qu'au début de ce set, je teste pas mal de sons différents pour voir la réaction de la foule. Et une fois que je sens que j’ai pris le coup, je vais faire de mon mieux pour les accrocher et ne pas laisser leur attention dériver. Je ne sais pas vraiment expliquer comment je fais ça… Mais je pense que les gens restent avec toi quand ils sont curieux de ce que tu pourrais jouer après. Il semble que beaucoup de gens sont attirés par la façon dont je mixe les morceaux entre eux, donc c’est peut-être la raison qui préserve leur curiosité.

Comment as-tu préparé le set en amont ? Pendant le set, sur quoi te concentres-tu le plus ?

Ca dépend. Depuis que je suis passé du vinyle à l’USB, je peux passer beaucoup plus de musique. Donc ça ne requiert pas autant de préparation que ce à quoi j’étais habitué, et dans un sens, je suis tout le temps en train de me préparer quand j’organise et que je trie les morceaux dans différents dossiers, pour que je sache où les trouver quand j’en ai besoin. Je réfléchis en jouant, je veux réussir à créer les plus belles couches de musique avec les morceaux que j’ai, donc je me concentre surtout sur le mixing au sens de mélange.

Quel était ton état d’esprit avant et pendant le set ?

En fait je deviens très nerveux quand je commence à jouer, mais à Technoon j’ai réussi à me relaxer très vite. J’étais relâché et j’ai kiffé d’un bout à l’autre.

La foule a-t-elle parfois réagi de façon inattendue ? Globalement, comment était l’ambiance ? Des souvenirs marquants ?

Le public était génial. Ce que j’ai trouvé inattendu, c’est que la foule était accrochée, concentrée et réactive. Je me suis senti très confiant quand elle me suivait alors que j’allais dans des trucs extrêmement deep par moment. Les mêmes morceaux pourraient ne pas marcher ailleurs et pourraient donner envie aux gens de quitter le dancefloor, mais à Technoon ils sont vraiment restés avec moi, ce qui m'a permis de les emmener sur des terrains différents.

Tu as choisi d’enregistrer et de partager ce set en particulier, pourquoi ? Qu’a-t-il de spécial ?

Je pense qu’il représente bien ce que je fais. Tu peux y trouver quelques erreurs mais même en prenant ça en compte, il a un côté purement festif et j’en suis très content. Technoon m’a laissé une forte impression, et je pense que c’était une des meilleures fêtes auxquelles je sois allé cette année.

Ton approche du DJing a-t-elle changé récemment ?

Je ne pense pas que mon approche de base ait changé tant que ça, mais je crois que je m’améliore toujours un peu. Le fait de pouvoir jouer dans plein d’endroits devant beaucoup de gens différents y contribue aussi.

Comment vas-tu présenter ton set à Concrete ?

Je ne sais pas encore. Je joue après Antal cette fois, et je pense qu’il jouera beaucoup de disco, donc je vais observer la foule et je m'adapterai pour la suite.

Dj Nobu jouera aux côtés d'Antal, Sassy J, Awanto 3, et Digital Zandoli le 1er décembre.