Une liste de coordonnées pour nouer le contact entre teufeurs et pouvoirs publics. C'est l'initiative de l'Etat qui a nommé 72 médiateurs, en charge de conseiller les collectifs qui souhaiteraient organiser des raves de plus de 500 personnes. Selon Freeform, “dans leur grande majorité, ces médiateurs sont issus des services jeunesses ou vie associative”. 

La situation était critique pour les soundsystems français fin 2016, entre saisies de sons et affrontements avec les forces de l'ordre. Malgré un rapprochement entre les organisateurs et les autorités, la circulaire du 25 mars 2015 cosignée par les ministères de l'Intérieur et de la Jeunesse (sans le ministère de la Culture) n'a pas eu les effets escomptés.

Le mouvement s'est alors fédéré au niveau national, avec la Manifestive du 18 mars dernier, puis la fondation de la Coordination nationale des collectifs de soundsystems (CNCSS) en juin, afin d'interpeller le nouveau gouvernement sur la situation.

Les discussions ont repris lors d'une réunion le 13 octobre, entre les organisateurs de free parties, les associations Freeform et Techno+ (dont les locaux avaient été perquisitionnés pour production, consommation, vente et promotion de stupéfiants en novembre 2016) et les ministères compétents, dont celui de la Culture cette fois. Si les avancées sont timides, comme la possibilité de voir quelques multisons légaux dans des régions tests, les associations se sont félicitées d'avoir repris la communication avec les pouvoirs publics, qui ont doublé le nombre de médiateurs en charge des relations avec les collectifs.

"Eviter les saisies qui ne devraient pas avoir lieu"

Eric Bergeault, référent national des rassemblements festifs, invite les organisateurs “à contacter les médiateurs de leur département, pour permettre des rencontres entre les soundsystems et les élus”. Si les effets de la réunion du 13 octobre devraient d'abord se voir "dans 4 ou 5 régions tests", elle permettra d'améliorer la prévention et la réduction des risques lors des raves. “On travaille aussi avec le ministère de la Justice sur les saisies, pour les éviter au maximum quand elles ne devraient pas avoir lieu.” Surtout, il veut mener une réflexion sur le long terme : “Si les partenaires se parlent depuis longtemps, il sera plus facile de travailler sur la réalisation d'événements plus importants.”

Un dialogue indispensable pour dépasser les clichés sur la fête libre et lui permettre d'être mieux acceptée. Selon une enquête menée l'an passé par le sénateur de l'Hérault Henri Cabanel (PS), moins de 3 % des communes sont en contact avec des organisateurs de rave parties.