Photo en Une : © Rebecca Camphens / Thump

Enchaînant les projets qui ne se ressemblent pas, Jeff Mills avait créé l'événement au mois de mars en s'inspirant de la symphonie culte en sept mouvements de Gustav Holst sur notre Système solaire pour son nouvel album. Poussant toujours un peu plus loin ses tribulations de chercheur en techno expérimentale, il laissait toutefois une plus large place à la musique classique en intégrant des pans entiers de l'œuvre originale parue en 1916, tout en la retravaillant. En tenant compte des avancées technologiques et astronomiques de notre époque, il composait une œuvre en neuf mouvements pour le nombre de planètes de notre Système solaire (Pluton incluse), en essayant de retranscrire au mieux la nature physique de chacune à travers la musique. Enregistré dans les mythiques studios anglais d'Abbey Road avec l'orchestre symphonique de Porto, il dévoilait alors une expérience sonore pas immédiatement accessible mais riche et intense dans laquelle des arrangements épiques retranscrivaient en neuf pistes la spatialité dans toutes ses nuances.

   A lire également 
Le nouveau projet de Jeff Mills ? Un film en collaboration avec une compagnie de danse bûto

Un projet fait pour éveiller nos sens et nos questionnements sur l'inconnu, dans lequel il aurait été dommage de ne pas explorer la dimension visuelle. Afin d'offrir aux auditeurs un projet des plus complets, le musicien évoquait peu de temps après la sortie d'un moyen-métrage de trente minutes basé sur sa partition. Pour cela, il s'est entouré du chef opérateur Kazuhiro Okamoto (connu pour sa série de mangas Translucent), et de neuf danseurs de la compagnie de butō japonaise Dairakudakan qui est très appréciée par l'artiste pour son interprétation unique de la techno.

PLANETS "Mars" by Jeff Mills + Dairakudakan from AxisRecords on Vimeo.

Entre esquisses contemporaines et souvenirs, la danse bûto, née dans le Japon d'après-guerre, fait corps avec la musique de Jeff Mills, qu'elle accompagne pour la deuxième fois. A travers des chorégraphies imagées, chacun des danseurs donne ainsi à tour de rôle son interprétation de la nature et des mouvements des planètes de notre Système solaire. Le film sera précédé d'une intervention du Wizard en personne, et des neuf danseurs de Dairakudakan.