Pas spécialement prédestinés à œuvrer dans l'événementiel, les 17 membres du collectif basé dans le Val-de-Marne se sont donné pour mission de propager leur amour du son. Ils investissent des forêts, des champs, des clairières, et transforment les lieux afin d'offrir au public un voyage visuel et sonore, le tout dans la gratuité la plus totale. Revendiquant la culture underground européenne et une influence majeure des premières rave-parties – accessibles uniquement par une poignée de motivés s'étant procurés l'adresse –, le collectif élargit aujourd'hui son cercle de fidèles grâce à un bouche à oreille de plus en plus important. La récompense de cinq soirées mémorables et débordantes de créativité, autant sur l'aspect sonore que visuel.

Faire la fête pour célébrer l'art et sa diversité 

Composé d'une équipe pluridisciplinaire allant de la musique
électronique au rap français en passant par le cinéma et la vidéo, DMBR fait en sorte de retranscrire au mieux cet état d'esprit éclectique à travers leurs soirées. "Nous sommes constamment entourés d'étudiants en cinéma, de graffeurs, de graphistes", raconte Sonia. "L'objectif étant de promouvoir les jeunes artistes de la capitale et d'Ile-de-France à travers tous types de support, fresques, projections, peintures, performances. Nous avons notre propre carnet d'adresses mais notre volonté première est de permettre à n'importe quelle âme d'artiste de s'exprimer le temps d'un soir, entre rencontres et échanges culturels." Les mix proposés lors des soirées alternent quant à eux entre “house minimaliste et house industrielle” (sic), convoquent des pointes de psytrance ou de hardtek, parfois secondés de freestyles hip-hop, le tout soulignant leur amour pour le groove.

Le premier sound-system collaboratif d'Ile-de-France

Louer du matériel de qualité standard à chaque soirée n'offre cependant pas un son optimal, et nécessite surtout un coût important. C'est pourquoi DMBR a décidé il y a peu de se procurer son propre sound-system de 3 000 watts. Pour cela, il lance un appel à participation aux autres collectifs artistiques de la région afin de récolter les 3 500 euros nécessaires à l'acquisition du matériel. Chaque collectif ayant participé au financement en donnant la somme de 350 euros deviendra copropriétaire du sound-system et pourra l'utiliser à vie, suivant un planning équitable dressé à l'avance tenant compte des dates de chacun. Si cela permettra de gagner en puissance et en qualité sonore pour tous les acteurs du projet, c'est aussi un joli pied de nez au business de la nuit parisienne et à la monétisation de la fête. "Cette initiative a pour but d'unir nos ressources pour multiplier les évènements gratuits et spontanés. Cela peut être un tremplin pour les organismes souhaitant se produire de façon indépendante et une contrainte en moins pour ceux qui ont toujours rêvé d’organiser des soirées warehouse, mais dont le budget est limité", nous rappelle Maxime. 

Si le crowdfunding se concrétise, Dans Ma Bulle Records a déjà de la suite dans les idées et souhaite même investir une warehouse (dont le lieu n'a évidemment pas encore été dévoilé) pour marquer le coup. Ce sera l'occasion de présenter son nouveau bébé et de s'affirmer encore un peu plus comme acteur majeur de la nouvelle scène artistique francilienne. La collecte de fonds étant ouverte à tous, vous pouvez vous aussi y participer avant le 23 novembre prochain et vous embarquer dans une aventure unique qui, on l'espère, ne fait que commencer. La culture teuf 2.0 a de beaux jours devant elle.