Photo en Une : © Photo Spectral


Par Lucas Marchetti


Du live analogique et des gros kicks, des décorations psychédéliques, de la techno de hangar, mais aussi des shows et performances à couper le souffle et des scénographies fantasmagoriques: voilà le cocktail détonnant qui aura rassemblé plus de 4 000 raveurs du sud de la France le samedi 28 octobre ! 

Lorsque nous pénétrons dans le brasier sonore de la salle des Sucres, qui abritait la scène hard music, la plus grande du festival, c’est le capharnaüm : le son tabasse, les basses vrombissent, le public est bouillant, incandescent même, tapant du pied avec ardeur sur le rythme hardcore du BPM infernal distillé par le Funktion One de la salle, où, sur le dancefloor, les corps transpirent à mort et les visages sont marqués. Soudain, la masse de raveurs se fendit sous le passage du collectif Labrat et leur roadster lanceur de flammes, sur lequel étaient juchés des performeurs déguisés à l’allure macabre. On se croirait dans le dernier Mad Max.

   

Au plafond, une demi-douzaine d’acrobates luminescents et autres danseurs suspendus par les pieds, accrochés à des élastiques ou des anneaux, gesticulent et font lever les yeux d’une foule qui ne sait plus ou donner de la tête, tant le show RAVE nous en met plein les mirettes.

 


La rave du foodtruck
C’est un tout autre monde que nous découvrons aux abords de la scène psytrance, orchestrée par Darshan Project. Nos pupilles sont marquées par la décoration perchée du Cabaret, orné de champignons gigantesques comme de méduses, ou de chrysalides – cherchez la logique – et autres formes abstraites des plus psychédéliques. Nous ne savons pas trop dans quel genre d'univers on est, mais on y est, et c’est bien là l’essentiel. Sur le dancefloor, ça sautille de partout et dans tous les sens, aussi bien sur la progressive mélodique d'Ace Ventura que sur de la vraie psytrance beaucoup plus rythmée et énergique. Le public est déchaîné et se dépense sans compter.



A l’extérieur de la salle, on tombe sur un espace de restauration rapide, mais si vous pensiez trouver un espace chill ou vous reposer, c’est raté : pas de répit pour les raveurs puisqu’une scène Soundsystem by Nonem y est accolée. Sous la forme d’un mur de son de free party, de la hardtek à la tribe, l’essence de la rave se retrouve ici. Le contraste est violent avec la scène psytrance, pour les oreilles comme pour les yeux : votre iris passe de la lumière à l’obscurité et vos tympans subissent les montagnes russes de ces variations de BPM en une fraction de seconde.

La soirée nous aura bien débouché les oreilles. Mais si le mouvement rave fait désormais partie intégrante de l’histoire de la musique électronique underground, c’est grâce à l’énergie inexorable de ses acteurs qui combattent pour la professionnalisation de cette contre-culture. A travers ce festival, les organisateurs de RAVE réveillent l’esprit inaltérable du mouvement techno, en réunissant les pionniers du genre, les mythiques soundsystems et la frénétique relève qui forge encore aujourd’hui l’univers de la rave party, tout en mélangeant les différents styles des musiques électroniques alternatives, et rien que pour cela, on peut leur tirer notre chapeau.