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DJ Monitor est un système d’identification des morceaux et de monitoring des droits des musiques électroniques. Ce service d’ID, auquel s'est associée la Sacem – c'était l'une des avancées indispensables identifiées dans son grand rapport sur les musiques électroniques en France –, dispose d'un catalogue de 46 millions d’oeuvres et annonce un taux de reconnaissance des titres de 93,8% lorsqu'ils sont joués par un DJ.

Pour identifier l’ensemble de ces morceaux, DJ Monitor utilise la technologie du « fingerprint ». Ce système de tracking isole des fractions de musique avant de les encoder. Si l’un de ces fragments est entendu par le dispositif-boîtier installé dans un club, ou tout autre lieu de diffusion, alors il informera la Sacem que le morceau y a bien été joué. « Ces dispositifs enregistrent et reconnaissent la musique grâce à notre système d’empreintes digitales audio et à notre vaste base de données de musique en ligne. Le logiciel traite et analyse les entrées tout en recherchant une correspondance dans notre base de données » confirme Yuri Dokter, PDG de DJ Monitor. 

Une technologie qui permet d’améliorer l’identification des titres et ce même lorsque la musique est remixée ou samplée. La technologie du fingerprint a déjà été évaluée par DJ Monitor dans de plusieurs pays, en Australie, aux Etats-Unis, ainsi qu'en Europe et plus récemment en Afrique et en Asie. « Pour la France, elle devrait normalement être mise en place début 2018 », poursuit Yuri Dokter. Pour obtenir ce dispositif dans les clubs, ceux-ci doivent contacter Sacem, qui décidera de décidera de l'équiper ou pas du boîtier (gratuit), puis informera DJ Monitor afin qu'ils procèdent à l'installation. 

Dans un milieu où la défiance envers la Sacem est palpable, il est pourtant essentiel pour les producteurs de s'inscrire afin de percevoir une rémunération en droits d’auteurs. Surtout que celle-ci devrait être grandement facilitée par l'installation de DJ Monitor. « Les droits d’auteurs sont récupérés par des sociétés de gestion des droits, il est donc important de s’assurer que les artistes soient payés pour les musiques qu’ils créent » insiste Yuri Dokter. 

Lorsque vous êtes créateur de musique électronique et que vous souhaitez déposer vos oeuvres à la Sacem, trois cas de figure sont possibles :

- Le créateur a écrit et composé l’intégralité du titre : déposez la création selon les conditions détaillées (à retrouver sur le EMFactory) : dépôt en ligne ou dépôt papier.

- Le créateur a samplé une œuvre dite libre de droits : lors du dépôt, précisez l’origine des samples (les coordonnées du site de samples) qui ont été utilisés dépôt seulement via le papier

- Le créateur a samplé une œuvre protégée : vous devez obtenir l’autorisation des ayants droit de cette œuvre avant de faire le dépôt, seulement via le papier.

Pour Mark Lawrence, PDG de l’Association for Electronic Music (AFEM) cette collaboration est une réelle avancée sur la question des droits d’auteurs des DJs. « La Sacem a fait un pas en avant en s’associant à DJ Monitor et en permettant à des DJs d’êtres reconnus lorsqu’une de leurs musiques est diffusée, jouée en club ou téléchargée ».

Récemment c’est Pioneer qui s’est associé à la Société des Compositeurs, d’Auteurs et de Musiciens du Canada (SOCAN) avec son service KUVO. Tout comme pour DJ Monitor, KUVO permet de relayer et d’identifier les informations des tracks incorporés aux sets.