Photo en Une : © Charles Platiau

Après l’érection de la Grande Mosquée de Paris en 1926, la capitale avait besoin d’un édifice laïc pour rendre hommage à l’Orient. Inauguré en 1987, l’Institut du Monde Arabe voit le jour à l'effet d'une initiative, lancée sept ans auparavant, du président Valéry Giscard d’Estaing, poursuivie par son successeur François Mitterrand. L'objectif : valoriser la civilisation du monde arabe par sa culture, son esthétique et son esprit.

Depuis quelques années, Jack Lang, ex-ministre de la Culture et actuel président de l’IMA, se donne corps et âme pour la promotion de la musique électronique. Depuis janvier 2013, le monument du quai Saint-Bernard se transforme petit à petit en l’une des attaches parisiennes du courant. Ouverture du Weather Festival 2014 en compagnie d’Underground Resistance, soirées Arabic Sound System avec Acid Arab, Renart, Cracki Records, La Mamie’s, Deena Abdelwahed, Mawimbi, Manaré ─ et bien d’autres ─ et plus récemment un set de Bambounou… Bon nombre d’évènements ont pu profiter du cadre exceptionnel de l’Institut.

« C’est un moment de fête, déclare Jack Lang au sujet des festivités du 29 novembre. L’IMA a été construit et inauguré il y a 30 ans par François Mitterrand. Les 240 moucharabiehs qui ornent la façade étaient bloqués depuis 25 ans, et avaient été conçus pour s’ouvrir et se fermer en fonction du soleil, tels les pupilles de l’œil ou le diaphragme de l’appareil photographique. C’est une idée assez géniale qu’avait imaginée Jean Nouvel, l’architecte. Quand je suis devenu président, je me suis engagé à trouver l’argent et la technique qui permettrait de leur redonner vie et mouvement. Mission accomplie. Vendredi soir, on va célébrer cette renaissance des moucharabiehs, mais aussi célébrer un nouveau départ pour l’Institut, un rayonnement. L’IMA est une grande institution sérieuse, solide, reconnue mondialement, qui s’inscrit dans l’histoire du monde arabe. Donner une note de modernité, de jeunesse et de vie au moment de la renaissance de ces moucharabiehs ne pouvait qu’être une bonne idée. »

Trente ans d’IMA, c’est trente ans d’expertise ─ à fêter dignement. L’organisation met les petits plats dans les grands, et confie la soirée à des pointures de la production de shows : les frères Pissenem. Présents à Ibiza depuis des années, responsables de l’Ushuaïa, de l’Ushuaïa Tower et depuis mai 2017 du Hï (ancien Space) qu’ils ont racheté, Romain et Yann mobilisent pour l’évènement leur savoir-faire et leur sens du spectacle. « L’équivalent de quatre kilomètres de LED a été installé sur les 240 fenêtres moucharabieh, nous explique Romain Pissenem, en charge du spectacle visuel. Chaque fenêtre est composée de douze barres de LED, ça donne l’équivalent d’un écran géant avec lequel tu peux t’amuser. On a même pris un panneau qu’on a collé devant le DJ booth, comme s’il faisait partie de la façade, pour que ça se fonde dans le décor. On va aussi rajouter un peu de lumière sur les toits et au sol, pour créer une vraie petite scène, tout en respectant au maximum la façade ─ qui est le point d’ordre. Ce qui va être créé pour cette façade sera visible tous les soirs dès que la nuit tombera, un peu comme la tour Eiffel avec plus de lumière. On fera une sélection des programmes qu’on va présenter ce vendredi, et le reste de l'année, un show défilera sur la façade toutes les heures. »

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Pour assurer la partie musicale, l’IMA a fait appel aux organisateurs des soirées Arabic Sound System, qui se sont chargés de booker un autre collectif, venu tout droit du Maroc : Moroko Loko. « Je suis toujours soucieux de marier l’histoire et la modernité, le patrimoine et la création contemporaine, nous révèle Jack Lang. Ces moucharabiehs eux-mêmes sont à la jonction de l’architecture traditionnelle et contemporaine. Il nous a semblé cohérent de faire appel à Moroko Loko, qui a été pionnier dans l’accomplissement de la musique underground du Maroc. » Les DJ’s Amine K, Mar1 et Unes seront donc présents derrière les platines, pour une soirée tech house dansante aux ambiances orientales.

Toutes les informations complémentaires sur le déroulement de la soirée sont à retrouver sur la page Facebook de l’évènement des 30 ans de l’IMA. Et en prime, l'entrée sera gratuite.