Photo en Une : Pantha Du Prince & The Bell Laboratory- "Spectral Split" (Official Music Video)

Mettre en avant "de nouvelles manières de produire, de distribuer, de communiquer”, voilà le concept du Bozar Festival. “Il agglomère toute une série d’opérateurs qui ont vocation à travailler sur des territoires qui ne sont plus nécessairement des territoires traditionnels”, nous explique Stéphanie Pécourt, fondatrice de Nova XX et programmatrice invitée par le Bozar.

Les délimitations entre les arts mais aussi entre les disciplines et les domaines de recherche seraient devenues obsolètes, et le Bozar Electronic Festival vient traduire physiquement une certaine vision de ce qu’est actuellement la création artistique "à l’aune de la 4e révolution industrielle et des rapprochements entre les différents secteurs".

Pour cette 6e édition, le pôle visuel invite ainsi les lauréats du prix Starts (Science, technologie et arts), le concours Nova XX dédié à "l’innovation technologique, scientifique et artistique à l’aune du féminin à l’ère de la 4e révolution industrielle" pour l’exposition Tendancies, et dévoilera le Bozar lab, un espace de réflexion sur les liens entre art, technologie et société, à travers l’exposition The Estonian Example.

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Space Time Helix Video Teaser from Zak Varvaresso on Vimeo.

Dégager une certaine transversalité

En mettant en regard la musique électronique et les arts numériques, mais aussi en présentant des artistes aux démarches hybrides, le Bozar veut faire émerger des réflexions sur le présent et l’avenir des arts. Le premier prix de Starts cette année est revenu à I’m Humanity d’Etsuko Yakushimaru, un projet où une œuvre musicale a été convertie en information génétique puis incorporée dans des chromosomes d’algues bleues, ce qui permettrait sa transmission héréditaire. “Si la race humaine venait à s’éteindre et les algues survivaient, une prochaine espèce pourrait alors écouter notre musique littéralement enfouie dans la mémoire génétique de ces cyanobactéries.”

Si les concerts et les œuvres visuelles contiennent déjà une certaine transversalité, l’organisation du festival, qui sépare les espaces musicaux et visuels, revient dessiner des frontières entre les disciplines. Ce pourquoi Stéphanie rappelle que "la dimension polymorphe du festival se retranscrit dans la géographie du festival. On a une lecture qui est vraiment organisée de telle sorte que l’on puisse passer d’un univers à un autre, qu’ils se répondent et s’interpellent". Et certaines œuvres visuelles font fortement écho à la musique électronique ; celle de Claire Williams, An Electromagnetic Walk, est une installation d’objets du quotidien connectés à un casque et à un dispositif électronique qui permet d’entendre les ondes électromagnétiques de la vie moderne. Une référence pas si implicite à la musique concrète de Pierre Schaeffer et Pierre Henry qui puisait sa matière sonore dans l'environnement du quotidien avant de la décontextualiser, de la transformer pour l'écouter d'une autre manière.

Autant la musique électronique que les arts numériques interrogent à leur manière les nouvelles technologies et leurs implications dans nos sociétés. Le projet du Bozar Electronic Festival, présenté sur leur site à côté des informations pratiques, se situe donc au cœur de l'actualité de tous les arts contemporains.