Photo en Une : © Michel Joly

Depuis le début de ce millénaire, les Dijonnais amateurs de techno et autre musique électronique pointue sont orphelins de l’An-Fer. Le club qui a initié le public dijonnais à l’univers techno a fermé ses portes en 2002, ôtant Dijon de la liste des villes techno de France.

Le Cosmøs entend ressusciter l’esprit du regretté club ─ qui n’avait, jusqu’à présent, pas vraiment trouvé de digne héritier ─ tout en suivant son propre chemin. « Reprendre l’An-Fer, ça ne sera jamais possible, et ce n'est pas du tout notre objectif. Il ne faut pas vivre avec le passé, mais plutôt regarder devant. Donc le but, c’est vraiment de faire quelque chose de neuf, dans une ville où, oui, il y a un lourd passé musical, et où, nous, public, avons été abandonnés par cette grosse culture musicale électronique ─ faute d’avoir un lieu qui proposait une programmation digne de ce nom tous les week-ends. On veut juste continuer ce qu’il y a eu par le passé et proposer un vrai lieu au public dijonnais » précise Marc Ayats, DJ et directeur artistique de ce nouveau club.

Ancien restaurant, le Cosmøs est un bar à bières, ouvert en juin 2016. Un an après, son propriétaire Jérémy, passionné de musique électronique, décide d’en faire un nouveau projet club, en s’associant avec le patron du label local A-Traction, Marc Ayats, pour le mener à bien. « Jérémy m’a contacté au mois de mai pour qu’on développe le projet ensemble. Le caveau du restaurant contenait une grande cuisine dont il ne se servait. On l’a donc cassée pour en faire une piste pas trop grande. Le public est en train de renaître, donc un dancefloor d’une centaine de places, c’est une bonne capacité pour une ville comme Dijon. » Le club a ouvert ses portes le 2 septembre, pour une première soirée réussie. L’inauguration officielle a eu lieu samedi 9 septembre, pour une soirée en compagnie de Charles Fenckler, jeune Français signé sur Soma, Marc Ayats et Owlk.

Le club est équipé d'un sound-system de 4 kW, entièrement personnalisé, qu’ils doivent au collectif Gravity. Les aigus seront gérés par la marque Nexo, et les caissons de medium et basse ont été conçus sur mesure pour le lieu par Gravity, dont bon nombre de membres sont ingénieurs du son. Quant au décor, il se la joue berlinoise : peu de lumières, des murs très sombres et une projection de visuels au plafond. Une collaboration qui donne le ton : le Cosmøs veut promouvoir le régional et redorer le blason de la nuit bourguignonne. « Les collectifs et associations de la région, c’est grâce à eux que tout cela est possible », précise Marc Ayats.

Du côté de la programmation, on s’attend à la fine fleur des producteurs et DJ's locaux, mais aussi de la scène française nationale. Les vendredis seront dédiés à la house, et les samedis à la grosse techno. Une fois par mois, Gravity aura sa soirée trance et drum’n’bass. Pour septembre, le Cosmøs donne carte blanche à des collectifs comme Architekts, qui invitera Marst le 22 septembre, ou encore Spirit pour une soirée en compagnie de David Asko du label A-Traction le samedi suivant. « Pour l’instant, on s’est vraiment axé sur le national ─ avec notamment Marcelus qui vient au mois de décembre. J’ai aussi vraiment envie de développer tous les jeunes artistes français qui commencent à émerger, ou tous les potes qui ont déjà signé sur le label. Et bien sûr quelques artistes internationaux avec qui j’ai de bons feelings et avec qui j’ai déjà joué, comme Len Faki. Mais ça, c’est pour plus tard. »

Retrouvez toutes les informations sur les soirées et la programmation du Cosmøs sur sa page Facebook. En attendant d’aller faire un tour du côté de Dijon, le dernier EP de Moteka, du label de Marc Ayats, est en écoute intégrale sur Spotify.