Photo en Une : © La Machine du Moulin rouge

Lors de leurs précédentes éditions, ils avaient déjà convié Jacques, Laurent Garnier, Cléa Vincent, Acid Arab, Arnaud Rebotini, Birdy Nam Nam. Cette année, la ligne artistique du MaMA ne dévie pas et continue de mêler les esthétiques et les générations au sein d’un line-up dense et intense.

Parmi les artistes invités par le festival figurent cette année Etienne de Crecy, représentant de la fameuse French Touch, le trio belge The Subs, ou encore le champion de la sonomondiale contemporaine, Guts, qui présentera Stop The Violence, son nouvel album sorti en juin dernier. On pourra également compter sur le jeune producteur Superpoze dont les mélodies en ont déjà envoûté plus d'un, ou le Chapelier Fou et son crew pour un live électroacoustique où les machines rencontrent les cordes des violons et les hanches des clarinettes. Des compositions singulières s’apparentant à l'abstract et au trip-hop, dont bon nombre seront issues de son prochain opus Muance à sortir le 20 octobre prochain. 

Le MaMA abreuvera aussi les plus assoiffés de rap actuel en invitant l’énergie frénétique de Killason et le rappeur natif du Burkina Faso Joey le Soldat, qui viendra déclamer son storytelling millitant et politique (son excellente interview par Sourdoreille est à retrouver ici). Plus excentrique qu’engagé, le MC français Biffty (présent en featuring sur le dernier album de Biga*Ranx) sera accompagné par DJ Weedim, présageant un dynamisme sans pareil et une dose de dérision déjà bien présente dans leurs clips. Autre collaborateur de Biffty à retrouver sur scène, le collectif parisien Casual Gabberz, dépositaire du frapcore (pour french rap core). En contraste, le plus intime mais remarquable Sly Johnson, ancien membre du Saïan Supa Crew qui a largué les amarres vers des horizons plus soul et funk, s’ajoutera aux nuances de cette palette hip-hop. On notera aussi la présence des Belges de L’Or du commun.

Pour une ambiance plus roots on retiendra les noms de Panda DubEkiti Sound System et Vandal qui importera la teuf dans le MaMA.

Jabberwocky, dont l’électro-pop affiliée au label Pain Surprises a été difficilement contournable ces dernières années, côtoiera Leska (la rencontre entre Douchka et Les Gordon), Kazy Lambist ou encore de Mai Lan. Vous vous souvenez ? Son doux "Gentiment je t’immole" contribuait à asseoir l’ambiance glauque du film Sheitan de Kim Chapiron. 

Si on cherche de la techno dans cette programmation pourtant très hétérogène, elle se fait effectivement assez rare. Excepté peut-être La Meute, cette fanfare – percussions, xylophone et cuivres – reproduisant à merveille les tubes électroniques de Laurent Garnier ou Jeff Mills. Les expérimentations de Low Jack et de Voiron et la house groovy du patron de Boukan Records Bamao Yendé seront sûrement des repères électroniques familiers pour les aficionados des scènes indépendantes. De même que la divine figure du clubbing queer parisien Kiddy Smile, l’ex-moitié de Syracuse Epsilove, qu’on a vu apparaître sur le label Dekmantel, l’infusion house-hip-hop-jazz de LB aka LABAT, et on en passe.

Le MaMA, c'est aussi un lieu de rencontre annuel pour les acteurs français et internationaux de la filière musicale. Sous le nom de "Convention", cette branche du festival propose des conférences, débats, rencontres et ateliers autour des enjeux actuels de l'industrie musicale. Avec plus de 5 000 professionnels réunis en 2016, cet événement s'affirme comme un rendez-vous incontournable pour les spécialistes du milieu. Le programme est consultable ici

Et pour accéder directement à l’intégralité des 120 artistes présents au line-up, il suffit d’aller jeter un œil par-là.