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Cette nouvelle réglementation s'applique à tous les lieux de fête de l’Hexagone dépassant une capacité d’accueil de 300 personnes, soit une bonne partie des clubs de France et tous les festivals. Les clubs auront aussi l’obligation de mettre à disposition bouchons d’oreilles et espace repos où le volume de la musique ne dépasse pas 80 dB – des dispositions que l’on retrouve déjà dans certains lieux. L'affichage du niveau sonore sera obligatoire, et l'enregistrement de l'historique de celui-ci pourra faire l'objet de contrôle. 

Une limite à 94 décibels a aussi été fixée lorsque le public est constitué d'enfants de moins de 6 ans. Les infractions seront punies d'une contravention de 1 500 euros (3 000 euros en cas de récidive) et par la confiscation du matériel de sonorisation.

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Selon l’association Journée nationale de l'audition (JNA), entre 12 % et 13 % de la population française est touchée par des problèmes d’audition. Une préoccupation pour le gouvernement, qui s'appuie d’une déclaration du Centre d'information et de documentation sur le bruit : « Notre oreille commence à souffrir sans que nous le sachions à partir d’une exposition à 85 dB pendant 8 heures. »

Pour Aurélien Dubois, le président de la CSCAD (la Chambre syndicale des cabarets artistiques et discothèques) et également président de Concrete, ce décret est “une aberration”, rappelant que la plupart des discothèques disposent de limitateurs et mettent déjà à disposition des bouchons d’oreille. Il se demande d'abord, puisqu'il s’agit d’un problème de santé publique, pourquoi les clubs de moins de 300 personnes ne sont pas concernés par la nouvelle réglementation. Et s’inquiète des conséquences sur la fréquentation des clubs et festivals.

“Descendre de 105 à 102 dB, au niveau du ressenti physique, c’est comme si on diminuait le volume de moitié”, affirme-t-il. “C'est énorme, le public ne va pas comprendre. Le son, c'est l'ADN des grands clubs. Avec cette nouvelle réglementation, on va tuer la culture des clubs et des festivals, mais aussi les autres. Un concert de metal à 102 dB, ça n'existe pas. Des artistes refuseront de venir jouer en France à ce niveau sonore. Après les attentats, le tourisme festif et culturel est déjà en berne, si en plus on ne fait pas confiance aux professionnels, on va perdre tout le monde. Une bonne partie du public nous reproche déjà de ne pas mettre le son assez fort. Notre métier n'est pas compatible avec une diffusion à 102 décibels.”

Pour Aurélien Dubois, le danger ne se situe pas dans des clubs ou festivals qu’on fréquente occasionnellement, mais plutôt dans l’usage quotidien du casque audio (qui poussent jusqu'à 100 dB, avec une exposition plus longue et répétée) : “Je ne crois pas qu’aller une fois dans le mois à un concert ou dans un club pour écouter de la musique fort – des endroits où des bouchons d'oreille sont à disposition – soit plus dangereux qu’écouter de la musique à fond dans le casque tous les jours.”