Photo en Une : © Sarah Bastin

À peine arrivés, ce vendredi, de douces basses viennent nous chatouiller les tympans. Le duo Ausstellung annonce la couleur avec ses nappes, son univers rétrofuturiste et ses basses précises. Sur la grande scène, c’est le Belge Roméo Elvis qui s’installe devant un public restreint mais fin connaisseur reprenant en cœur les succès du rappeur. Sur la scène Eden, le live de Fishbach fera l’affaire pour accompagner notre cornet de frites.

Entre-temps, Yuksek a pris le contrôle de la grande scène en compagnie d’un live band mais ce sont les garçons de Parcels et leur pop dansante qui nous ont tapé dans l’œil et dans l’oreille. Retour sur la grande scène où le S-Crew a réuni les centaines d’adolescents portant casquettes et pulls à l’effigie du groupe. Le tubes s’enchaînent mais nous préférons rendre visite à Charlotte de Witte. La Belge distille sa techno puissante, son set n’est pas des plus pointus mais parvient à fédérer les amateurs de techno et même d’autres. Ses platines ont été installées sur la scène de l'Eden. Une ancienne usine de bombes dont seul la structure a été conservée mais dont tout le potentiel n'a peut-être pas été exploitée pour les artistes de musiques électroniques. Les poutrelles métalliques auraient pu servir de support pour des jeux de lumières afin de créer un véritable club à ciel ouvert. 

  Charlotte de Witte  © Sarah Bastin


A 1h30, direction la Bonnaventure. Une petite balade de vingt minutes à pied dans les rues d’Aulnoye nous amène à un hangar rappelant une rave des années 90. L'atmosphère y est étouffante. Le sol, les murs, les gens, sont trempés de sueur et parfois de bière. C’est Yuksek qui nous accueille avant de laisser la place à Rebeka Warrior pour un set entre techno et électroclash. Et on finira la soirée avec le déjanté James Darle de Salut C’est Cool. Retour au camping pour quelques heures de sommeil avant que le jour ne soit complètement levé.


Samedi après-midi, on reprend avec Rocky et son électro-pop dansante dans une ambiance familiale, parfait pour précéder Jacques sur l'Eden. Il livre sous le soleil déclinant, 1h30 de techno fédératrice, conclue par un solo de guitare.

Sommés de choisir entre Julien Doré et Louisahhh B2B Maelstrom, on retrouve vite la productrice de chez feu Bromance, qui s’est alliée avec le DJ français pour créer le label RAAR il y a deux ans. Les deux comparses nous livrent une heure et demie de techno industrielle frôlant l’EBM par moments. L'Eden est bien rempli, le public se laisse porter par les basses des deux DJ's. Apparat prend la relève avec un set tech-house agréable à l’oreille mais qui n'arrive pas à mobiliser autant de monde que le duo précédent. Il est maintenant temps de reprendre la route vers la Bonnaventure. Nous sommes nombreux à longer les rues d'Aulnoye, avançant plus ou moins vite selon nos états respectifs. Mais nous sommes tous motivés par la présence, là-bas au loin, dans un petit hangar vide, de kilowatts de son afin de continuer la fête jusqu'au petit matin. 

L'Eden  © Mathieu Drouet


Le Lillois Azur nous y attend pour le warm-up d'Amelie Lens. La Belge, comme à son habitude, a conquis les foules avec sa techno sombre aux basses enivrantes. Elle laissera la place à Pfel pour conclure cette deuxième journée, avec un mix éclectique comme à son habitude, entre rap, Rihanna et techno. Il terminera même son set avec “Je ne regrette rien” d’Edith Piaf couplé à un remix de “Sound of Da Police” par Darktek, parfait pour se défouler avant de quitter les platines sur “Breed” de Nirvana.

Côté parcours secrets, le public est également comblé. Ces petites excursions emmènent le public à la rencontre d'un artiste mystère dans un lieu inconnu. Ayant pour but de valoriser les structures aux alentours d'Aulnoye, les parcours secrets ont abouti cette année à une église et un théâtre à ciel ouvert. Quand aux artistes, Parcels et Blow ont empli la petite église de Doulers du son de leurs guitares dans deux styles différents mais se prêtant bien à l'édifice religieux. Les Sud-Africains de BCUC ont de leur côté fait danser le théâtre de Lez-Fontaine. Mais nous avons surtout entendu parler de la dernière étape du grand parcours secret dominical. Les festivaliers ont trouvé Jacques, assis à même le sol, au milieu du gymnase d'Aulnoye-Aymeries avec toutes ses machines. Le public a donc pris place autour de l'artiste français, s'asseyant en tailleur à la même hauteur que lui et pouvant ainsi voir comment il enregistre, lance et relance ses boucles et ses sons afin de créer de la musique.


Malgré la fatigue, la qualité de la programmation nous ramène jusqu'aux scènes le dimanche. En rock, Cigarettes After Sex et Mat Bastard nous ont comblés. Alors que nous patientons entre deux concerts, un festivalier nous raconte des étoiles pleins les yeux, qu'il a assisté aux parcours secrets de Parcels et BCUC. Mais nous n'avons pas le temps de poursuivre notre discussion Dub Inc.  est arrivé. Le groupe ne manquera pas de réveiller le lycéen fan de reggae qui sommeille en nous. Mais ce sont les Italiens de Mind Against et Tale Of Us qui nous intéressaient le plus et qui ont répondu aux attentes des festivaliers. Mais ce soir, le public est plus clairsemé, certainement parce que demain c'est lundi. Alors, avant de rentrer définitivement, nous prolongeons notre dernière nuit secrète en assistant au final des Français de Chinese Man et leur show audiovisuel mêlant à la perfection hip-hop, ragga, dubstep et VJing.