Photo en Une : © D.R.

« Voici quelque chose dont personne ne parle : les fois où ton set N’EST PAS une tuerie. Les fois où le problème de la soirée, c’est toi. Ta sélection est paresseuse, tes décisions mal avisées ; tu vacilles entre confiance et blanc total. Tes disques sont lents. Tu n’arrives pas à maintenir la connexion. »

Voici quelques phrases qui donneront des sueurs froides et rappelleront leurs pires soirées à tous les DJ’s qui nous lisent. Tous, oui, car personne n’échappe à l’expérience pénible du set qui ne prend pas. Peu importe que votre prestation soit huilée comme un moteur de R8, que les mêmes tracks aient retourné le dancefloor le soir précédent. Ça finit toujours par arriver ; et cette fois, c’est arrivé à Tiga. Chef de file de l’electroclash dans les années 2000 – prenez son tube « Sunglasses At Night » sur International Deejay Gigolo –, cofondateur du label Turbo, le DJ et producteur canadien a signé plus d’un killer sur Different Recordings, patrie de Vitalic, Crystal Castles, Etienne De Crecy et Agoria.

   À lire également
Tiga : "Beaucoup de mes amis n’ont jamais pris de drogue, ça me fait halluciner”

10 ans à écumer les clubs du monde entier, et pourtant… Son set à Rome était, selon son propre aveu, franchement décevant. Et c’est sur Facebook que Tiga a décidé de régler ses comptes avec son ego. Passé la description dudit set, il s’attaque avec humour au surmoi du DJ qui, depuis son estrade, irait jusqu’à rejeter la responsabilité de la débâcle sur un public ignare.

« Clairement, ils ne comprennent pas. Ces « gens-là », cette masse primitive ne comprend pas ce que je fais : que je suis un futuriste anti-tech, un post-tranceux torturé aux élans deep funk acid, un martyre du groove lacéré de pop. Et même si mes efforts sont minimaux, si mon énergie est de l’ordre de l’anémie et que ma playlist relève de l’art brut, même si ma saisie de la situation est lourdement compromise par mon narcissisme – ils devraient quand même s’incliner devant ma RÉPUTATION, devenir fous, crier et applaudir. »

« Mais non. » Retour sur terre. « Il y a des soirs comme ça où […] d’un coup, pour quelques heures, la magie a disparu. Et ce n’est pas grave – ça ne rend les choses que plus belles lorsque la magie réapparaît dans une autre ville, un autre soir. » Un témoignage honnête – hormis peut-être cette photo qui l’accompagne, tout droit sortie d’un shooting promo –, dont la viralité témoigne qu'il a touché une corde sensible.