Photo en Une : © Anthony Ghnassia

En 2009, l’Electrobeach Music Festival (EMF) naissait de la volonté du maire du Barcarès — petite station balnéaire proche de Perpignan — d’offrir à ses habitants et à ses vacanciers les plus jeunes un évènement où se dandiner sur un genre musical alors très en vogue : l’EDM. En quelques années, l’EMF devenait le plus grand festival de musique électronique de France, et le troisième festival de France en termes de fréquentation. Des visiteurs majoritairement étudiants venus s’offrir une semaine de vacances au bord de la Méditerranée pour y fêter la fin des cours et profiter de trois jours sous les drops de David Guetta, Armin Van Buuren ou encore Martin Solveig.

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Mais cette année, et pour la deuxième fois consécutive, le festival intégrait une techno stage parmi ses scènes ayant vu défiler derrière leurs platines toutes les plus grandes stars mondiales de l’EDM, et les quelque 192 000 festivaliers de cette nouvelle édition pouvaient assister aux sets de Dixon, Dominik Eulberg, Stephan Bodzin, ou encore de son compère Marc Romboy. Une manière pour le festival d’attirer un nouveau public, ou de faire découvrir un nouveau genre à ses festivaliers habituels, communément bercés par les hits de Fun Radio. Et une bonne raison pour Trax de s’aventurer dans ce festival aux allures de Spring Break à la française.

C’est donc avec une certaine curiosité que l’on s’est baladé durant ces trois soirs entre plusieurs milliers de festivaliers déguisés ou en tongs et short de bain, une grande roue, un manège à sensation forte, de nombreux foodtrucks, le Lydia — un ancien paquebot de croisière reconvertit en casino puis en club, exploité aujourd'hui par le festival comme restaurant et bar — et les quatre scènes. Parmi elles, la fameuse Main Stage qui accueillait les têtes d’affiche du festival, à l’image de Deadmau5 ou Tiësto, sous un écran LED de 1 000 mètres carrés, et de nombreux canons à confettis. Une scène constamment bondée, de toute évidence, où les shows des stars de cette nouvelle édition n'ont laissé personne indifférent. “Marseillaise” entonnée par Martin Solveig puis reprise en chœur par le public, patrouille de France survolant le site du festival quand David Guetta est derrière les platines, DJ Snake déchaîné au plus grand plaisir de ses admirateurs... Plus loin, la Beach Stage et sa programmation house et future house, idéale pour prendre un peu l'air à l'écart d'une foule de plus en plus dense au fil de la soirée. La nouvelle scène hardstyle Stage Revolution by Che, où l'on aura vu passer le célèbre Danny Masselingest aka. Angerfist, affiche un succès prometteur. De la scène techno, cachée sous un grand chapiteau, on ne peut en dire autant.

Déjà, l'année dernière, elle recevait un accueil plus que mitigé de la part des festivaliers. Pourtant, ce n'était autre que Sven Väth, dOP, François X, ou encore DJ Deep qui se voyaient confier la tâche de baptiser cette toute nouvelle scène. “Je pense qu'elle n’est pas assez mise en avant” nous confiait Oxia à la fin de son set. “À l’entrée de la scène, il y a écrit sortie de secours, et quand tu rentres, tu arrives derrière la régie son et lumière, c’est pas clair”. Problème pour un festival qui souhaite familiariser ses festivaliers à un nouveau genre. À l’instar de son ami Agoria, d’Apollonia ou encore de Dixon (qui emballait une foule de plusieurs milliers de personnes une semaine plus tôt au Peacock Society Festival) le Grenoblois ne pouvait se vanter ici que d’avoir joué devant une centaine de festivaliers. Et comment réussir à convaincre de plus en plus de DJ’s du genre à venir se produire devant si peu de monde ? Même si l’on a pu entendre quelques dizaines de personnes présentes sous la bâche scander le classique « Allez là ! », prouvant d’une certaine manière un réel entrain pour les tubes que sont "Domino" ou encore "Scala", on doute pour l’instant que les techno heads soient enclins à se mêler en nombre à la foule de l’EMF, dont la préoccupation première ne nous a pas semblé être, avouons-le, la précision des DJ sets.