Photo en Une : © LIEF Records


Waldman, Léonard de son prénom, est un jeune Parisien qui n’a pas hésité à abandonner son job d'animateur pour enfants pour se consacrer entièrement à la musique et développer son label LIEF Records. Plus tourné vers la minimal dans ses productions, son univers est vaste et ses influences multiples, des musiques du monde au funk en passant par le rap, la scène techno roumaine avec Raresh et Ada Kaleh, ou les sonorités farfelues de l’Irlandais Eomac. Il rêve de jouer au Panorama Bar, après avoir eu son réel déclic au Berghain lors d’un voyage berlinois. Ou devant un lac, un flanc de montagne, un temple maya face à la mer, parce qu'il « trouve ça chanmé de faire la fête dans de beaux lieux naturels ».

D’où nous viens-tu, Waldman ?

J’habite à Paris depuis tout petit. J’ai toujours aimé la musique mais je n’ai jamais joué d’instrument, j’étais plus intéressé par le foot. Je suis parti à Berlin l’année de mon bac, et j’y ai découvert autre chose. Ce voyage m’a chamboulé. Je me suis alors mis à la prod il y a quelques années, quand j’avais 19 ou 20 ans. Au début, je tâtonnais tranquillement la chose à la maison, en m’essayant à Ableton. Ça m’a plu, alors j’ai fait une formation de six mois à l'école SAE Institute en production de musique électronique. Et je me suis lancé.

“Les ambiances Radio Nova et FIP, je pense que c'est ça qui m'a le plus influencé.”

Quel est ton background musical ?

Mes influences, je les dois surtout à mes parents. Musicalement, je ne viens pas d’un univers techno ; j’étais plus hip-hop à la base. Je suis plus issu des musiques du monde, comme la musique orientale ou la musique africaine qui sont les sonorités de prédilection de ma mère, avec des artistes comme Oumou Sangaré et Oum Kalthoum. Ou du funk, que mon père écoute beaucoup depuis toujours. Il y a aussi un vieil album d’Alexkid et les ambiances Radio Nova et FIP, qui tournent en boucle chez eux. Je pense que c’est ça qui m’a le plus influencé. Mais en ce moment, j’écoute beaucoup de rap et le titre “Obhins Groove de Margaret Dygas.

C’est important d'avoir cette ouverture d'esprit pour produire ?

Je trouve que c’est bien plus intéressant que d’être confiné dans un style. Parfois, j’essaye de faire un son hip-hop, puis j’enchaîne sur un autre bien techno. Ici, on est trop confiné dans un style et dans des soirées mono-thème : soirée techno-techno, soirée house-house, soirée minimal-minimal… A l’étranger, ils font beaucoup plus de melting-pot, genre un concert de hip-hop suivi par un artiste techno et un artiste house. Aux Etats-Unis, tous les styles se mélangent pendant les soirées. Ils sont moins “catégorisés”, ce qui est trop notre cas en France, et surtout à Paname. C’est pas ça la musique.

“L'idée, c'est de pouvoir partager. Je préfère produire mes potes avant moi, pour pas faire le mec en mode : mon label, mon EP.”

Pourquoi avoir voulu monter un label aussi rapidement ?

J’avais envie de produire mes potes et des artistes qui me font plaisir. Celui qui m’a vraiment poussé, c’est William (alias Bamao Yendé, ndlr), un super ami. Il a monté son propre label il y a un an, un an et demi (l'excellent Boukan Records, ndlr) et il a partagé cette expérience avec moi. Il m’a motivé à le faire en me montrant que ce n'était pas très compliqué et que ça apporte pas mal d’avantages aussi. Je voulais produire les gens qui m’intéressent, qui ont un minimum de talent. L’idée, c’est de pouvoir partager. Mieux vaut faire ça tous ensemble que seul dans ma chambre.

Aujourd’hui, c’est la compilation. Et demain ?

Notre prochaine étape, ce sont les maxis. On va essayer d’en faire un par genre. J’ai un ami qui va m’en faire un plutôt orienté techno, et le prochain sera plus de la house. Et un EP minimal aussi. On va aussi continuer les compiles avec comme bel objectif, plus tard, de pouvoir presser des vinyles. J’ai mon EP de prévu aussi, mais je ne veux pas le sortir en premier. Je préfère produire mes potes avant moi, pour pas faire le mec en mode : c’est mon label, c’est mon EP. On prévoit d’abord l’EP techno, puis une nouvelle compile de cinq ou six sons, et mon EP sortira vers octobre. L'étape ultime, ce sera de monter un studio.

Après une soirée Péripate il y a un mois, en compagnie du crew Mermaid Express, de son ami Bamao Yendé et d'AZF, Waldman a des dates prévues à LaPlage de Glazart et à la Gare des Mines du 18e arrondissement. Il figure aussi sur le line-up du Manège Festival qui se tiendra le week-end prochain, situé en plein cœur de la forêt de Clamart.

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Le 21 juillet, le jeune homme organise une soirée secrète dans Paris, dont le lieu sera dévoilé le jour même. Au programme, Sottoh, pour une session lo-fi bien groovy, Hash, jeune résident du label LIEF Records, x1000 dans un style plus mélodieux, et bien évidemment Waldman pour une ambiance plus minimal. La soirée aura lieu de 23h à 6h du matin. L'entrée est à 10 euros, avec une boisson offerte. Si vous êtes intéressés, on vous invite à suivre la page Facebook de LIEF Records pour plus d’informations en temps et en heure. En attendant, on vous laisse découvrir en exclusivité sur Trax la première compilation du label.