Photo en Une : © Photospectral / Marsatac

Cette année, et pour la première fois de l'histoire de Marsatac, artistes et festivaliers étaient attendus au Parc Chanot, un vaste complexe de 17 hectares mitoyen du Stade Vélodrome, "posé ici comme un ovni" selon les mots de Dro Kilndjian, programmateur du festival. Trois énormes salles (le Palais phocéen, le Palais de l’Europe et le Grand Palais) reliées par une vaste place de 8 000 mètres carrés, qui, durant deux soirs, faisait office de village central où chaises en plastique, bars et food trucks étaient installés, au plus grand bonheur des festivaliers désireux de prendre un verre ou du repos, assis sur la pelouse installée pour l’occasion. Mathieu Hocine, alias Kid Francescoli, nous confiera avoir "vraiment l’impression d’être dans un festival à Barcelone". Dans quelques heures, le Marseillais rejoindra sa binôme Julia sur la scène du Palais de l’Europe, où le duo chantera devant un public familier.

Familier, Marsatac ne l’est pas seulement pour Mathieu. Quelques heures avant leur set de closing, nous rencontrons le duo le plus atypique du festival (Die Antwoord n’a qu’à bien se tenir) Frédéric Alvernhe aka Humantronic et Margot Macario. Le premier est un vétéran de la scène électronique marseillaise. Aux commandes du label Manakacha, il est parti vivre à Berlin en 2007 et n’en est revenu que l’année dernière. Il avouera même "totalement redécouvrir la scène locale".

C'est agréable d'avoir un festival qui répond vraiment à tes goûts”


La seconde fait justement partie de cette nouvelle scène locale émergente. Côtoyant depuis plusieurs années le festival, pour y avoir travaillé ou en tant que simple festivalière, elle a été mise en relation avec Frédéric pour conclure cette édition. "J’ai toujours suivi ce festival, et dès que j’ai pu aider, j’ai commencé à faire du bénévolat, raconte t-elle. Aujourd’hui, j’ai la chance de faire mon stage dans l’équipe de production et c’est un grand honneur d’y jouer pour la clôture.”

Pendant une heure et demie, plusieurs milliers de festivaliers épuiseront leurs dernières forces devant un set de techno pointue, juste et épurée, qui ferait presque croire que le duo se connaît par coeur. "On s’est retrouvé dans nos styles musicaux, explique Frédéric. J’ai l’expérience, elle a la radicalité de la jeunesse [...] Ça m’a redonné le gout de la techno plus péchue.” À son tour, Margot complimente : "Il a vraiment l'oreille. Moi, j’aime les sons vraiment crasseux et quand je lui faisais écouter certains de ces morceaux, il me donnait des conseils, de ce qui passerait bien ou non.” 

Des concertations de plusieurs mois pour offrir aux festivaliers un dernier set comme on en aurait rêvé, tout en respectant la tradition du festival : “Dro voulait avoir des locaux pour ce closing, pour garder l’esprit Marsatac. On fait la fête, et il n’y a plus de stars à gérer, c’est que du plaisir.” 

Des "stars", les trois scènes en auront vu défiler. Le couple sud-africain Die Antwoord, De La Soul, Soulwax, la Fonky Family, reformée pour l’occasion, enflammant le Grand Palais où environ 5 000 personnes ont repris en choeur les tubes du groupe, mais surtout Nicolas Jaar, qui, le vendredi, envoûtera le Palais phocéen grâce à un live impressionnant mêlant chant, clavier et saxophone devant une salle comble. Le public en ressortira conquis, prêt à se déchaîner devant les shows de Powell et Roman Flügel, dont les sets d’electronica lui succèderont parfaitement.

Le lendemain, ce sont Mr Oizo, Dubfire et le patron de Kompakt Michael Mayer qui satisferont les déchaînés du dancefloor avec des tracks terriblement efficaces, à l’image du désormais célèbre "Doctor C’est Chouette", de Laurent Garnier, signé sur le même label allemand.

   À lire également
Au festival Yeah! Laurent Garnier rejoint la fanfare Meute sur scène pour jouer The Man With The Red Face

Quelques heures avant, c’est "The Man With the Red Face", que reprenait la fanfare techno Meute, déjà présente il y a quelques mois au festival Yeah!. "Pour nous, chaque concert en France est vraiment incroyable", nous explique Thomas Burhorn, fondateur du groupe, qui fait un carton dans les festivals hexagonaux cet été. "Le public français danse tout le temps, et il apprécie vraiment ce qu’on fait, c’est très plaisant."