Photo en Une : © Sarah Bastin / La Bonne Aventure

Notre bonne aventure commence par un parcours secret, de ceux qui ont fait la renommée du festival d’Aulnoy-Amerries. Cette fois, ce sont des lieux insolites du littoral dunkerquois qui sont au programme. Nous montons dans un bus, direction l’inconnu. Après quelques minutes de route, nous passons sous l’arche imposante d’un fort de 1878, niché au milieu des dunes. On nous installe dans une salle voûtée où nous attend Awir Leon. Le jeune Dunkerquois interprète des morceaux issus de son dernier album Giants. Un concert qui vous plonge dans une atmosphère toute particulière, comme un rêve éveillé. Avant le retour à la réalité. Il s’est heureusement arrêté de pleuvoir.

Comme dans un mariage

De retour sur la plage, nous fonçons pour entendre quelques minutes de Coely mais la rappeuse belge a déjà terminé son set. C’est au tour de Catherine Ringer de monter sur scène. La moitié des Rita Mitsouko joue ses compositions personnelles et les classiques écrits avec Fred Chichin pour le bonheur des petits et surtout des grands. Un concert qui nous a rappelé les meilleurs mariages et réveillons avec nos parents. Après une pluie d’applaudissements, la vraie s’abat à nouveau sur Malo-Les-Bains. Mais les locaux sont tenaces et la grande scène est loin de se vider. On voit arriver autour de nous un contingent de collégiens et lycéens venus assister à la prestation de Petit Biscuit, qui saura d’ailleurs réchauffer l’atmosphère avec un set que les plus de 15 ans ne peuvent pas comprendre.

Molécule © Sarah Bastin / La Bonne Aventure

A la pluie succède le vent, venu du large tout comme le live 60°43 Nord de Molécule. En symbiose avec les éléments, le Parisien nous emmène sur l’Atlantique avec sa techno brute et mouvante. Après une heure de live, il nous ramène à quai et nous passons dans le Klub. On y retrouve Jacques pour un live envoûtant : le public conquis en redemande mais il doit céder sa place à Trunkline. Le duo composé de Madben et Yann Lean balance une techno analogique efficace qui fait le bonheur du public.

Des corps sur la plage

Le matin se lève doucement sur Dunkerque quand nous quittons le Klub. Après une trop courte nuit nous déambulons dans la cité de Jean Bart et nous croisons dans les ruelles cametars et voitures desquelles dépasses un pied ou un bout de sac de couchage – l’absence de camping se fait sentir. Le ciel s’est dégagé et beaucoup finissent leur nuit sur la plage quand les plus courageux sont allés se baigner dans les eaux fraîches de la mer du Nord. À 15 heures, la musique reprend sur le front de mer qui fait le plein, contrairement à la veille. Mais pas le temps de s’attarder : nous embarquons pour un second parcours secret. Celui-ci nous emmène dans un hôpital du début du XXe siècle. Dans le gymnase, nous assistons à la performance musicale d’une troupe de théâtre autour de l’utopie, qu’elle a réalisée en une semaine au sein d'un hôpital au contact des malades.


Cette fois, nous sommes de retour à temps pour voir l’ouverture de la grande scène. C’est le groupe local UNNO signé chez Nowadays Records qui s’en occupe. On retrouve d’ailleurs Awir Leon qui en est le chanteur. Un set groovy et sensible qui s’accorde parfaitement avec le soleil déclinant. Mais ce n’est rien comparé à ce qui va suivre.

Hellfest ou carnaval ?

Le groupe Deluxe, voguant entre jazz, hip-hop et rock, entre en scène. La folie s’empare alors du public, des dizaines de personnes nagent au-dessus de la foule, des pogos et même des circle pits – normalement l’apanage des concerts de metal – s’organisent, en rythme avec les breaks drum’n’bass et dubstep du batteur et DJ Kilo. Nous sommes bien loin de l’ambiance familiale de la veille. C’est une expérience violente mais enivrante qui rivalise sans problème avec les chahuts du célèbre carnaval dunkerquois. Vidés de toute énergie, il est temps de recharger les batteries.


Nous ressortons donc de l’enceinte du festival pour nous sustenter et quoi de mieux qu’une bonne frite ? L’absence de restauration sur le festival a fait le bonheur des nombreux snacks et restaurants aux alentours. Nous nous ruons vers la friterie la plus proche et nous achetons les ultimes morceaux de féculent frits au grand désespoir de la vingtaine de personnes derrière nous. Puis retour vers la grande scène, où Wax Tailor se prépare, Rodrigo & Gabriela ayant dû annuler après que Gabriela se soit cassé le pied. Le Français entre en scène avec ses musiciens pour un live hip-hop funky animé par les différents MC's se relayant. Minuit arrive et nous repassons dans le Klub avec Giorgia Angiuli pour un live mêlant sa voix et des instruments de musique pour enfants. Le résultat est saisissant et malgré la fatigue, on ne peut s’empêcher de danser sur sa techno énergique. C'est là-dessus qu'on décide de quitter cette Bonne Aventure, tandis que sur scène, Comah et ses beats épileptiques prépare un dernier déluge.