Photo en Une : © Bordelik Soundsystem

Avec l’élection du président M. Emmanuel Macron en mai dernier, le monde de la fête libre a vu ses interlocuteurs institutionnels changer. 8 collectifs – le Collectif de la Fête Libre (Sud/Sud-Ouest), le Collectif des Sound Systems d’Île-de-France, le Collectif des Insoumis, le Collectif Résistance Centre, le Collectif des Sound-Systems de L’Ouest, le Collectif Bourgogne Auvergne, le Collectif 18KX (Région Centre) et le Collectif Réagissons – se sont rassemblés en une coordination : la Coordination Nationale des Collectifs de Sound-Systems (CNCSS). Une première. Le 13 juin dernier, elle adressait une lettre au Premier ministre M. Édouard Philippe afin de renouer le dialogue avec l’État. La dernière du genre, envoyée par l’association Freeform à l’attention de M. Manuel Valls, datait d’avril 2016.

Dans la lettre de la CNCSS sont d'abord rappelés les grands principes de la free party : « L’ensemble des acteurs de ce mouvement est habité par des valeurs communes de partage, de tolérance et de solidarité. » Tout comme les problèmes rencontrés ; « des conflits avec les collectivités locales, mairies, forces de l’ordre et riverains, ce que nous ne souhaitons pas. » Ces tensions liées au mode d'organisation des free parties, qui se tiennent souvent sans autorisations de la mairie ou de la préfecture, le CNCSS les impute au gouvernement : « la stigmatisation de la Fête Libre et les ruptures du dialogue de la part des gouvernements successifs placent de facto la plus grande partie de nos évènements dans l’illégalité. »

Est ensuite dressée une liste de revendications, soutenues par près de 200 soundsystems à travers la France. L’on y retrouve sans surprise abrogation de l’amendement Mariani, qui soumet toutes les free parties à une déclaration préalable en préfecture. La CNCSS demande également l’arrêt de toutes les procédures en cours, ainsi que la restitution des équipements saisis, et appelle à la construction d'un dialogue pérenne entre l'Etat, les soundsystems, les maires et les préfets français. Des revendications qui reprennent celles déjà exprimées en mars dernier lors de la manifestive, la grande manifestation nationale de la fête libre qui s'était déroulée dans 7 villes de France.

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La reconnaissance de cette fête libre comme pratique culturelle amateur est aussi à l’ordre du jour, car la loi ne reconnaît pas leur dimension culturelle, artistique et musicale. La CNCSS a aussi pour but, en ce début de quinquennat, de faire le lien entre les différents collectifs et soundsystems, afin qu’ils puissent réagir plus rapidement et conjointement aux actions du gouvernement et que leurs prises de position soient coordonnées. La CNCSS a eu confirmation que son courrier a bien été reçu ; un espoir pour plus de concertation, ou une énième lettre sans réponse ? « nous avons été déçus par le passé », admet Freeform, qui relaie le communiqué. Mais la free ne compte pas en rester là : les 16 et 17 septembre prochains, les Rencontres Nationales de la Fête Libre seront l'occasion de consolider l'organisation du mouvement au niveau national, et d'imaginer un futur plus serein, où la teuf ne sera plus synonyme de clandestinité.

L'intégralité du communiqué de presse et du courrier envoyé au Premier ministre est à retrouver ici.