Photo en Une : © Gem Fest


Un mois de fête, 500 artistes répartis sur 10 scènes, une centaine d’activités, une vingtaine de tournois sportifs… Pour être honnête, le Gem Fest est moins un festival qu’un camp de vacances dédié aux fans de musique électronique, qu’elle soit mainstream ou plus underground. Au programme, on retrouvera par exemple Dubfire, Solomum, Radhoo et Raresh, du label roumain [a:rpia:r], Wolf + Lamb, mais aussi les grosses têtes de l’EDM Steve Aoki, Axwell et Ingrosso de Swedish House Mafia ou Worakls.

Né sur les cendres du Kazantip, qui a organisé une unique (et dernière) édition sur la plage d’Anaklia en 2014 – après s’être fait bouter hors de Crimée suite à son annexion par la Russie –, le Gem Fest sert désormais de tête de gondole de l’office du tourisme géorgien.

C’est d’ailleurs son ancien directeur, Giorgi Sigua, qui est à la tête du festival. “En 2014, je travaillais pour l'office du tourisme géorgien. Après l’annexion de la Crimée, le KaZantip cherchait un point de chute. Je suis allé voir Nikita Marshunok, le fondateur, et je l’ai convaincu de venir en Géorgie, à Anaklia. J'étais certain que cet endroit et son environnement seraient parfaits pour ce genre d’événement.”

Sauf que le Kazantip doit faire face aux résistances de l’église orthodoxe locale, qui compare le rassemblement à Sodome et Gomorrhe et s’oppose à sa tenue dans le pays. Giorgi Sigua rencontre le patriarche géorgien, et l’affaire remonte jusqu’au ministre de l’Économie.

“Il y a eu une grosse querelle entre différentes couches de la société géorgienne, se souvient Giorgi. Finalement, le festival a bien eu lieu. Je ne dirais pas que ça a été un succès, mais ça nous a permis de prouver que nous étions capables d'accueillir ce genre d'événements. J’ai démissionné du gouvernement, et l’année suivante, moi et mes amis avons décidé de créer notre propre marque, une marque géorgienne, et de créer une nouvelle destination pour les gens qui veulent faire la fête, avec de la musique, mais aussi plein d’activités sportives, des jeux pour les enfants, des films, tout ça 24 heures sur 24.”

Pour cette troisième édition, pas de nouvelles du clergé local, qui avait pourtant promis un châtiment divin… Le ministre de l’Économie et le Premier ministre ont passé une tête lors des deux premières éditions du Gem Fest en 2015 et 2016, et les conservateurs ont semble-t-il compris qu’il s’agissait de donner une bonne image du pays. “Il n’y a pas eu de punition divine et ils ne se sont jamais plaints depuis, confirme Giorgi. Depuis, on a développé des relations avec le gouvernement. Le Premier ministre est devenu le supporter numéro 1 du Gem Fest, et le gouverneur de la région aussi. Le projet n'est plus seulement porté par notre équipe, il bénéficie du support des autorités, de la population locale, des sponsors privés. C'est un effort mutuel désormais.” Alléluia.

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