Photo en Une : © Kitty Kleist-Heinrich


Max Gössler et Alexander Terboven ont investi le quartier industriel Marienfelde, au sud de Berlin, pour y installer leur presse ; la première de la ville. Cette nouvelle entreprise s’appelle « intakt! », et son objectif est simple : faire profiter d’une presse de vinyles des labels indépendants qui ne commandent jamais plus de 300 à 400 exemplaires et dont les moyens sont limités.

Une réponse à l'explosion de l'industrie du vinyle, qui largue pourtant sur le bas-côté les labels qui n’arrivent pas à suivre le rythme. Avec un chiffre d'affaires de 1 milliard de dollars prévu pour fin 2017, les rééditions de disques cultes et des dernières sorties pop-rock abondent ; au détriment des indépendants qui ne disposent ni des moyens financiers, ni du réseau de distribution pour passer de grosses commandes et les écouler.

Et pourtant, de nombreux fans persistent à vouloir trouver la pépite, le track rare pressé à quelques centaines d'exemplaires seulement, et à soutenir les artistes émergents. Les deux compères d’intakt! l’ont bien compris. L’un économiste, l’autre ingénieur, ils sont les seuls employés de leur entreprise. Max Gössler gère même son propre label.

Dans un article du quotidien Der Tagesspiegel, Gössler explique : « À un moment donné, il y avait une attente de 4 mois pour une commande. » Après avoir investi un demi-million d’euros, et avec leurs deux presses et leur savoir-faire, les deux associés entendent bien changer la donne. Une volonté que l'on retrouve aussi en France, avec la compagnie historique Moulages Plastiques de l'Ouest (MPO), plus grosse productrice de vinyles dans l'hexagone. L'entreprise continue, elle aussi, de presser pour les labels indépendants, quitte à s'arrêter à 300 exemplaires.

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La conception d’un nouveau modèle de presse de vinyle il y a deux ans maintenant, dont les premiers exemplaires ont été mis en fonction il y a à peine un an, pourrait aussi favoriser le désengorgement des chaînes de production, avec un rendement accru et plus fiable. Ces machines, que l’on doit à Newbilt Machinery GmbH & Co., ont notamment été installées chez Third Man Records, la structure discographique de Jack White à Détroit.