Photo en Une : Atonal © Camille Blake

Oui, les vacances sont faites pour se reposer, mais nous sommes prêts à abandonner notre transat pour étudier l'histoire, l'impact et le rôle de la techno dans le développement de Berlin. Dans le cadre de ses sessions d’été, la vénérable Université des Arts de Berlin propose des cours thématiques autour de l’art, du design, du management artistique… et de la techno.

Chaque jour traitera d'une thématique spécifique, en s'appuyant sur des documents écrits, des vidéos mais également des rencontres avec des acteurs du milieu et des visites de lieux symboliques. Le premier jour sera consacré à l’histoire de la techno, avec notamment le documentaire We Call It Techno ! de Maren Sextro et Holger Wick, qui s'intéresse à la naissance de la techno berlinoise, et le livre Der Klang der Familie: Berlin, la techno et la chute du mur de Felix Denk and Sven van Thühlenn (aux éditions Allia).

La deuxième journée reviendra sur le rôle de la techno dans la réunification de Berlin grâce à une visite aux Archives des cultures jeunes. Ce centre a été créé en 1998 pour palier le manque de connaissances sur les jeunes et leur habitudes culturelles. Il regroupe des fanzines, flyers, magazines et journaux mais aussi des thèses universitaires, des CD et DVD venant du monde entier et traitant des cultures techno, punk, gay, skate...

Le troisième jour est dans la continuité avec une étude de l’évolution du genre à Berlin depuis les années 2000. C'est-à-dire l'apparition de sous-genres comme la minimal, les clichés sur le public, les artistes ou les lieux dédiés à la techno. Mais aussi sur son impact économique : le secteur rapporterait 1 milliard d'euros de revenus à la ville chaque année, avec un tiers des 11 millions de touristes venus faire la fête dans la capitale allemande. Un partie du cours sera certainement consacrée aux nouveaux enjeux auxquels doivent faire face les clubs, comme la gentrification qui produit une forte hausse des loyers et qui met en péril des clubs cultes comme le Watergate. 

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Pour les deux derniers jours, l’aspect historique est laissé de côté pour se concentrer sur l'aspect technique. Une journée sera consacrée à l'analyse des morceaux et de leur production et la seconde sera dédiée au rôle de la techno dans l'évolution des instruments électroniques et des logiciels. L'essor de la musique électronique a incité les constructeurs à créer des instruments toujours plus performants et les avancées technologiques ont permis l'apparition de gammes d'instruments peu onéreux. La techno a aussi participé au développement des logiciels de production, le meilleur exemple étant Ableton Live, dont le cofondateur et développeur Robert Henke est aussi producteur de techno sous le nom de Monolake.

500 €, c'est le prix de cette semaine de cours autour de la musique qui vous fait vibrer tous les week-ends. Les inscriptions sont ouvertes mais les places sont limitées à 20 personnes, donc ne traînez pas.